Afin de terminer leurs vacances, un couple s’est loué une super baraque pour le week-end, dans une forêt, loin de tout. Tandis qu’ils viennent tout juste de s’installer et de faire l’amour pour arroser ça, un autre couple débarque. Ils ont le même code. Ils ont aussi réservé pour le week-end. La tuile. Évidemment, le propriétaire ne répond pas à leurs appels. Ils décident finalement de partager la villa. Après tout ce n’est pas comme si ça manquait de place. Sage et Diego sont juste dégoutés de ne pas pouvoir faire leur week-end « sans fringues » comme ils l’avaient prévu. Mais Cin & Will sont plutôt sympathiques. Ils sont juste un peu bruyants quand ils baisent mais c’est tout.
Le lendemain, tout s’accélère. En fait, Sage et Diego comprennent (enfin, nous avant eux) qu’ils se sont fait piéger par un couple de psychopathes sadiques. J’essaie de ne pas trop dévoiler les surprises que le film réserve. Je dévoile ce qu’on a beaucoup trop vite compris, malheureusement. À cause d’une part d’un prologue sans intérêt qui voit un couple se faire dézinguer nu dans la forêt à coup d’arbalète – avec un plan complètement what the fuck sur une flèche transperçant les testicules du mec. À cause aussi du couple antagoniste beaucoup trop sympa au préalable. Le film rate son effet de surprise, il me semble. Son glissement. Dans Ne dis rien, le film danois traumatisant, c’était vraiment fort de ce point de vue. Comme dans le beau Barbarian, de Zach Cregger, j’aurais aimé d’abord craindre cette maison plutôt que ce second couple. C’est un peu dommage.
En revanche, l’interprétation des quatre est top. J’achète absolument les quatre. Et en particulier notre couple principal (qui ressemblent à Florence Pugh & Mark Duplass) qui s’aime mais qui se trouve aussi dans une impasse quotidienne et sexuelle, au point qu’il prévoit de la demander en mariage durant le week-end – occasionnant une scène absolument géniale de malaise, je n’en dis pas davantage. Et le film vire au jeu de révélations et de massacre dans son dernier tiers plutôt généreux dans ses pics de violence et son taux d’hémoglobine – on y va à coup de hache et de tronçonneuse. Et puis il y a un dernier plan génial. Qui fait écho au dernier plan de The graduate, de Mike Nichols. Insérer ça à ce moment-là, dans une série B comme celle-ci, j’ai trouvé ça vraiment audacieux.