C’est Eddie Murphy lui-même qui a eu l’idée de ce film. Affecté à l’époque par l’échec cuisant de sa première (et unique) réalisation, «Les Nuits de Harlem» (qualifiée par beaucoup de sexiste), l’acteur fait son auto-critique et veut immédiatement effacer cette image de star mégalomane et prétentieuse qui commence à lui coller à la peau. Pour cela, il va imaginer cette histoire de playboy sans coeur dont l’attitude est tellement arrogante qu’elle va se retourner contre lui.
Il fait alors appel aux scénaristes Barry Blaustein et David Sheffield avec qui il avait déjà travaillé lors de son passage sur le célèbre show «Saturday Night Live», pour mettre en forme son idée. Le feu vert du studio «Paramount» en poche, il choisit personnellement le réalisateur Reginald Hudlin. Un jeune cinéaste qui n’a jusque là, tourné qu’un seul film, «House Party», une comédie plutôt méconnue chez nous mais véritable succès outre-Atlantique.
Deux semaines avant le début des prises de vues, Hudlin réunit tout son casting pour répéter et créer une complicité, une cohésion de groupe. Une première pour Murphy, pas vraiment habitué à ce genre d’approche mais qui va permettre à chacun, d’affiner son rôle et aux auteurs, d’apporter les quelques modifications nécessaires.
Le tournage débute à New-York au coeur de l’hiver 91 et se passe comme prévu, sans véritables encombres. L’approche «managériale» de Hudlin porte ses fruits et tout le monde s’entend à merveille. Des scènes improvisées et totalement délirantes seront même ajoutées au montage final.
Sorti aux USA au début de l’été 92, «Boomerang» sera un succès et permettra à Murphy de se remettre provisoirement sur les bons rails. Un succès mérité pour ce sympathique film à la sauce black qui rappelle de nombreuses comédies sentimentales des années 40, 50.
Mission réussie pour Eddie Murphy qui se montre ici plus fragile, plus sympa, on ne l’avait pas vu aussi drôle en dehors du champ de la caméra de John Landis («Un Fauteuil pour Deux», «Un Prince à New-York»).
Même si le film n’apporte rien de nouveau (tout est ici cousu de fil blanc) et pâtit d’un dernier acte particulièrement bâclé, il regorge de moments désopilants grâce également à la présence de Grace Jones dans le rôle d’une mannequin totalement cinglée. Pas la comédie du siècle, c’est sûr, mais un divertissement plus qu'honnête.