Considéré comme le premier film africain réalisé par un noir africain, BOROM SARRET ("bonhomme charrette") est aussi le tout premier film du réalisateur sénégalais Ousmane Sembène. On sent déjà dans son écriture néo-réaliste une vive critique du colonialisme et de la transformation de la vie sénégalaise au contact des impériaux blancs, qui apportent une nouvelle culture, de nouvelles frontières (invisibles) et évidemment une vision capitaliste de l'espace et des rapports entre les gens.
Très simple, avec précisément deux acteurs (le conducteur de la charrette et le vieux cheval), Ousmane Sembène nous en dit long et plus encore sur les diverses strates de pauvreté qui cohabitent dans une même ville, ainsi que l'apauvrissement du contact humain, au profit de la nourriture qu'on ramènera sur le feu le soir venu. Les gens ont faim, les enfants peuvent mourir et une charrette fait beaucoup en une seule journée.
Rétrospective Ousmane Sembène sur outbuster.com