On peut dire que ce film divise les foules, mais n'est-ce pas le signe qu'il y a quelque chose qui essaye de sortir de l'image, au point de laisser certains de marbre et d'autres de chair ?
BOUND TO VENGEANCE, c'est "Thriller : a Cruel Picture" revisité, mais avec les deux yeux et un gun moins stylé. On suit Eve qui échappe à son harceleur dès les premières minutes du film. Le métrage la montre en plein roadtrip d'une nuit, à chercher méthodiquement les autres victimes de l'affreux qui lui tend des pièges retords à chaque arrêt.
Dans la veine du rape and revenge, on en aura vu passer pleins, à croire que la mode suit toujours l'actualité. Par contre, montrer une victime faire souffrir son harceleur durant tout le film pour sauver ses camarades de souffrance, ça on ne nous l'a pas encore fait. Là où le rape and revenge est souvent "personnel" (oeil pour oeil, dent pour dent), Cravioto nous propose une revanche féministe où le bien commun prédomine sur la vengeance personnelle. D'ailleurs le bourreau le répète souvent : "c'est pas personnel", car toutes les filles sont interchangeables et ça aurait pu être nimporte qui d'autre, mais c'est tombé sur elle. C'est d'ailleurs souvent comme ça que les féminicides et les meurtres en série se déroulent : au hasard, pas de chance, t'étais de passage.
C'est pourquoi il est agréable de remettre le film sur de bonnes pendules, et de surtout proposer un divertissement qui sort de la cave dès les premières 10 minutes, pour nous proposer un bol d'air un peu plus frais. Et quel bol d'air, quand on découvre le jeu de Tina Ivlev, qui tient tous les mecs en respect (et qui a toujours des balles dans le barillet !)
Disponible le 17 juin sur outbuster.com