« What's the point? Je sais pas... on improvise et on s'accroche à nos sentiments ! »

Boyhood c'est un peu une grande compilation de tout les dimanches de sa vie : déprimants sans qu'on sache bien pourquoi.

Le film est une réussite flagrante. Le concept marche très bien, Linklater ne tombe dans aucuns des probablement très nombreux pièges, les acteurs sont au niveau, c'est le plus souvent très bien écrit... bref, bravo.

Si je devais faire ma fine bouche (et aussi par esprit de contradiction dans ce concert de louanges que j'entends au loin), j'avouerai que je suis un peu partagé sur un point. Je pense en effet que c'est une bonne chose de montrer de temps en temps un film "sans histoires", je veux dire sans problèmes et sans les effets scénaristiques qui vont avec. Là ça coule comme un long fleuve tranquille et les intrigues qui se dessinent sont systématiquement évacuées au profit des personnages. C'est un projet de cinéma qui me plait plutôt. Mais avec ça il y a quand même aussi ce petit côté de "la famille idéale, édition raisonnée et réaliste" qui nous est jeté à la gueule. On est collé à un sorte de miroir temporel grossissant pendant 2h45, alors on est quand même forcé au bout d'un moment de se comparer. Je n'ai aucun doute que Richard Linklater assume tout à fait ça et se rend très bien compte de la puissance dévastatrice du dispositif. Et heureusement sans bien savoir quoi en faire. D'ailleurs c'est encore lui qui en parle le mieux (dans la bouche de Ethan Hawke) :

« What's the point? Je sais pas... on improvise et on s'accroche à nos sentiments ! »

Ça fait un bon film, je sais pas si ça fait une vie.
Homlett
7
Écrit par

Créée

le 28 juil. 2014

Modifiée

le 28 juil. 2014

Critique lue 315 fois

Homlett

Écrit par

Critique lue 315 fois

4
2

D'autres avis sur Boyhood

Boyhood

Boyhood

7

Sergent_Pepper

le 18 janv. 2015

Suivre

Un rêve : l’histoire du temps.

Boyhood fait partie de ces films à concept qui prennent un risque majeur : se faire écraser par lui en s’effaçant derrière cette seule originalité. Suivre pendant 12 ans les mêmes comédiens pour les...

Boyhood

Boyhood

7

Rawi

le 23 juil. 2014

Suivre

12 years a child

En préambule, je voudrais pousser un coup de gueule ! Depuis le temps que j'attends ce film, je n'étais plus à une quinzaine près mais ayant l'opportunité de le voir en avant première, je me rends...

Boyhood

Boyhood

7

guyness

le 18 janv. 2015

Suivre

Une vie de mots, passants

Quand on lance un film expérimental de 2h46 avec une pointe d’appréhension, l’entendre s’ouvrir sur du Coldplay fait soudain redouter le pire. Faut dire que j’arrivais sur un territoire d’autant plus...

Du même critique

Ninotchka

Ninotchka

9

Homlett

le 3 janv. 2011

Suivre

« Ninotchka » : blanc bonnet, bonnet rouge.

Lubitsch réalise Ninotchka après un voyage à Moscou en 1936, où il retrouve le cinéaste communiste allemand Gustav von Wagenheim ayant fuit l'Allemagne nazi en 1933. Wagenheim avait été l'élève, avec...

Dans ses yeux

Dans ses yeux

8

Homlett

le 2 févr. 2011

Suivre

Critique de Dans ses yeux par Homlett

Une chose à laquelle s'accordera (presque) tous, c'est que ce film est remarquable. D'abord, dans la forme : L'ouverture du film est une petite trouvaille scénaristique (qui se déploie tout du long)...

Benny's Video

Benny's Video

6

Homlett

le 3 nov. 2010

Suivre

Haneke's Film

Avec « Benny's Video », Michael Haneke dénonce la banalisation de la violence par l'image, télévisuelle en particulier. Les dispositifs mettant en évidence que réalité et fiction (ou représentation)...