Boyhood un beau Carpe Diem
Réalisé par Richard Linklater, Boyhood est un film aussi brillant qu’audacieux tant par ses thématiques que par sa caractéristique principale. C’est film tourné en 12 ans.
Film ou documentaire?
C’est LA grande question de ce film, peut-on dire de Boyhood qu’il est un film sur un enfant ou bien un documentaire sur le développement des enfants vivant dans un contexte de divorce parental? À cette question, une seule réponse, Boyhood est un parfait mélange entre ces deux genres. C’est bien une fiction, mais une fiction documentaire.
La fiction se remarque par le fait que les acteurs ne jouent pas leur propre rôle, au-delàs, c’est un documentaire sans intervenant, un documentaire qui informe sur le vécu des enfants, sur leurs ressentis et ce qu’implique le divorce de leurs parents dans leurs vies. Ce long-métrage insiste sur eux. Il n’est pas question des papiers mais bien de comment l’enfant réussit à grandir dans ce contexte. C’est très beau.
On note l’excellent jeu d’acteur des deux acteurs principaux, des jeunes professionnels à qui l’on peut promettre un bel avenir. Tous deux prennent leur rôle à cœur tout au long du long-métrage y compris au début lors des premiers tâtonnements avec la caméra.
Boyhood ne se distingue par pour ses qualités visuelles. On ne retrouve pas d’effets spéciaux ni encore de plan hors du commun dans le film. Pour faire passer son message, Richard Linklater passe par la simplicité avec des gros plans et quelques plans plus larges… une seule chose à dire, ce choix visuel passe sans problème.
Boyhood dispose d’un montage peu ordinaire. On retrouve parfois un manque de cohérence entre les différentes séquences qui composent ce long-métrage mais il n’y a aucun problème au sein de ces dernières. Pas de découpage compliqué, juste quelque chose de chronologique mais simple, qui passe bien et qui ne laisse aucun temps mort à ce film de 2 heures et 46 minutes.
Boyhood, c’est aussi des thématiques proches de tous, où chacun peut se retrouver que ce soit par le thème du développement de l’enfant, de l’art, ou encore par le vécu des enfants lorsque leurs parents divorcent. Une réalité de plus en plus présente de nos jours.
Chose originale dans ce long-métrage, malgré une technologie de 2014, Boyhood rappelle le cinéma des premiers temps avec un style très direct qui plaira à tout cinéphile adepte des films de Flaherty. C’est un long-métrage qui montre les choses, les actions et qui ne joue pas avec les sous-entendus ce qui le rend très facile à comprendre.
L’audace de Richard Linklater se remarque aussi avec le message qu’il véhicule. Boyhood est un bel appel au Carpe Diem et au plaisir de profiter de la vie. Une belle réussite à voir et à revoir.