Une jeune femme fait une crise existentialiste sexuelle et décide de vivre ailleurs, avec les cheveux courts, et la poitrine bandée, en se faisant passer pour un garçon. Pratique quand on peut inverser le nom et le prénom.
Tirée d'une histoire vraie, c'est une femme dont on voit et on sent la crise interne, car si n'a pas le souhait fondamental de changer de sexe par la chirurgie, être une femme la répugne, et veut être considérée comme un homme, en prenant une voix plus grave et avec la poitrine bandée.

Il faut accepter d'être porté par l'histoire, car si on s'arrête un instant, si les gens auraient vu qu'un garçon a une pomme d'Adam et non pas une fille, le film s'écoulerait. J'avoue qu'au début, j'y ai vu une certaine forme de naïveté, et un courage à cacher aussi longtemps sa véritable identité.
Dès l'arrivée de Lana (Chloë Sevigny), qui incarne son seul et véritable amour, l'histoire prend une tournure à la fois plus romantique mais surtout plus tragique. Là aussi, ça m'a dérangé que la jeune fille semble feindre l'ignorance sur le véritable sexe de Brandon et qu'il veut faire l'amour habillé, contrairement à elle. D'ailleurs, dans la première scène de sexe, elle va être pénétrée par Brandon, qui est vêtu d'un gode ceinture ; comment ne peut-elle pas le ressentir ?

Le film est un plaidoyer sur le différence, sur la tolérance, mais qui est transfiguré par une magnifique Hilary Swank, laquelle aura un Oscar pour le rôle, car elle semble porter en elle toute la souffrance du monde, mais le personnage reste jusqu'à la fin assez opaque sur ses véritables intentions, et surtout vis-à-vis de Lana ; est-elle dans le déni, dans l'acceptation ?

Tout le film baigne dans cette ambiance triste, voire mortifère et où les respirations sont très rares.
Mais pour le coup, j'ai un peu de mal à voir pourquoi le film a été classé interdit aux moins de 16 ans, car il y a deux plans de nus à tout casser, et une scène de viol plus suggestive qu'autre, mais on a vu largement pire sur le sujet.
Vous l'aurez peut-être compris, mais je suis très déçu du film, et si on retient la performance d'Hilary Swank et non l'histoire ou la mise en scène (très énervée), ce n'est certainement pas pour rien.
Boubakar
4
Écrit par

Créée

le 18 août 2014

Critique lue 1.9K fois

Boubakar

Écrit par

Critique lue 1.9K fois

3

D'autres avis sur Boys Don't Cry

Boys Don't Cry

Boys Don't Cry

8

azaseptine

68 critiques

Critique de Boys Don't Cry par azaseptine

Inspiré de faits réels, Boys don't cry retrace l'arrivée de Brandon Teena, jeune fille à la sexualité atypique, dans une petite ville du fin fond des Etats-Unis. Le film s'ouvre sur Teena qui se fait...

le 16 févr. 2011

Boys Don't Cry

Boys Don't Cry

8

Zogarok

1640 critiques

Critique de Boys Don't Cry par Zogarok

Au début des 90′s, Teena Brandon se mue en Brandon Teena. Au coeur de l’Amérique white trash, son allure décalée séduit les filles et lui vaut de se faire chambrer par ses complices virils. Le film...

le 10 mars 2014

Boys Don't Cry

Boys Don't Cry

7

Eric-Jubilado

6841 critiques

La dernière partie, hélas...

Une interprétation qui mérite plus que des éloges de Hilary Swank (sorte de petite sœur de Matt Damon, si l'on veut !), une Chloe Sevigny terriblement magnétique (ce qui est essentiel pour que...

le 25 août 2015

Du même critique

Prey

Prey

3

Boubakar

6761 critiques

Leave Predator alone !

Au XVIIIe siècle, sur le territoire des Comanches, une jeune indienne, Naru, va devoir faire face à une créature inconnue qui a le pouvoir de disparaitre... Le carton de Predator, le film signé John...

le 7 août 2022

Massacre à la tronçonneuse

Massacre à la tronçonneuse

3

Boubakar

6761 critiques

On tronçonne tout...

(Près de) cinquante ans après les évènements du premier Massacre à la tronçonneuse, des jeunes influenceurs reviennent dans la petite ville du Texas qui est désormais considérée comme fantôme afin de...

le 18 févr. 2022

Total recall

Total recall

7

Boubakar

6761 critiques

Arnold Strong.

Longtemps attendues, les mémoires de Arnold Schwarzenegger laissent au bout du compte un sentiment mitigé. Sa vie nous est narrée, de son enfance dans un village modeste en Autriche, en passant par...

le 11 nov. 2012