Le premier film de l'ukrainienne Kira Muratova connut quelques problèmes avec la censure, situation qui allait se reproduire tout au long de sa carrière. Ce qu'on lui reprochait ? Trop de flashbacks et une propension au sentimentalisme. Pas faux d'ailleurs, notamment sur le premier point car Brèves rencontres est essentiellement fondé sur les souvenirs amoureux des deux personnages principaux. On pourrait ajouter que le film est très riche en dialogues, un peu bavard même, et que Muratova aime bien passer du coq à l'âne, dispersant de facto l'attention du spectateur. Néanmoins, il est évident dès les premières images que Muratova est une cinéaste talentueuse et qui n'a pas froid aux yeux dans son discours très critique à l'égard de l'administration soviétique. Le film est donc mieux qu'une simple curiosité même s'il est en quelque sorte victime de sa vivacité et sa densité.