Il y en a qui disent qu'ils l'ont vu voler...

Troisième film de Robert Altman, et succédant au carton qu'a été M.A.S.H., Brewster McCloud est étrange à plus d'un titre.
Si je devais le résumer en quelques mots, je dirais que c'est l'histoire d'une utopie d'un jeune homme qui s'est mis en tête de voler.

Ceci étant dit, le film baigne constamment dans une ironie grinçante, du générique de début reprenant l'hymne américain, mais massacré, à une dernière séquence hallucinatoire où les comédiens du film sont nommés, mais grimés en artistes de cirque !
Le style d'Altman est déjà là, avec une quantité impressionnante de personnages qui interviennent dans l'histoire, jusqu'à la faire dériver énormément de celle de Brewster, mais au final, tout revient à ce jeune homme (qui est interprété par Bud Cort, le Harold de Harold & Maude) qui ne veut que s'envoler grâce à ses ailes mécaniques et au développement de ses muscles, secondé pour ça par une femme étrange qui joue un peu le rôle d'archange (dans le dos, elle a un tatouage reprsentant un emplacement pour des ailes), et tuant ceux qui veulent faire échouer l'ambition du jeune homme, sans que cela ne soit vraiment expliqué.

Contrairement à des films sur des idéalistes, Brewster McCloud n'est pas si borné, car il est au fond un jeune homme comme les autres, et donc pense beaucoup à la gent féminine, représentée surtout ici par Shelley Duvall (dont c'est le premier rôle au cinéma, et sera une fidèle parmi les fidèles d'Altman), jeune femme au physique étrange, avec ses très longs cils, qui se doute que, si elle accepte le rêve de Brewster, quelque chose de plus sombre cloche également, et conduira à un final magnifique mais tragique où si il ya une chose commune entre ceux qui rêvent et ceux qui ne rêvent, c'est que à un moment ou un autre, on ne peut que se casser la gueule.

Film assez rare de Robert Altman, il en contient néanmoins son style, et si on peut s'y perdre un peu devant tous ces personnages, dont certains sont bien barrés (du genre un savant fou ou un flic se régalant à lire des comics), c'est une proposition de cinéma comme il y en a trop peu.
Boubakar
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le 14 oct. 2012

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Boubakar

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