Broken Voices s'inspire de l'affaire Bambini di Praga pour laquelle la justice tchèque a rendu son verdict, en 2008.. C'est ce type de chorale de jeunes filles, très prestigieuse, que rejoint Karolina, 13 ans, l'héroïne du film, au début des années 90. Avec un style délicat et un goût visuel très sûr, notamment dans ses scènes enneigées, l'intrigue évolue progressivement du récit d'apprentissage vers une ambiance plus tendue entre jalousie parmi les filles du chœur et l'autoritarisme de leur chef qui exerce une certaine emprise sur celles qui sont à peine sorties de l'enfance, et sur Karolina, encore davantage. Il y a quelque chose de prévisible dans le drame qui couve, car sinon le film n'aurait pas le titre de Broken Voices, mais le réalisateur, Ondřej Provazník, prend son temps, installant une atmosphère que Sofia Coppola n'aurait pas désavouée. Les performances musicales sont nombreuses et joliment exécutées, avec des prestations de haute volée de ses interprètes, choisies pour leurs qualités de chant. C'est le cas de la débutante qui joue Karolina, Kateřina Falbrová, celle-ci se révélant, au-delà de son talent vocal, remarquable dans l'expression de l'ambigüité de ses sentiments, vis-à-vis de son chef de chœur et de la compétition avec ses petites camarades. Le film a fait grand bruit dans son pays et suscité des controverses, car l'histoire qu'il raconte présente plus que des similarités avec celle vécue par une véritable Karolina, et ce, bien que le cinéaste s'en défende.

Cinephile-doux
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Films inédits en salles à voir (ou pas)

Créée

le 12 oct. 2025

Critique lue 106 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 106 fois

5

D'autres avis sur Broken Voices

Broken Voices

Broken Voices

7

Behind_the_Mask

le 11 nov. 2025

Suivre

La voix des anges et la mort de l'innocence

Avant de voir Broken Voices, on peut se dire qu'il s'agit d'un énième film de l'air du temps, celui de la dénonciation des abus et de l'emprise au sein de micro-communautés.L'année dernière, le Arras...

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

le 28 mai 2023

Suivre

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

France

France

8

Cinephile-doux

le 25 août 2021

Suivre

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

le 25 sept. 2021

Suivre

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...