Broken Voices s'inspire de l'affaire Bambini di Praga pour laquelle la justice tchèque a rendu son verdict, en 2008.. C'est ce type de chorale de jeunes filles, très prestigieuse, que rejoint Karolina, 13 ans, l'héroïne du film, au début des années 90. Avec un style délicat et un goût visuel très sûr, notamment dans ses scènes enneigées, l'intrigue évolue progressivement du récit d'apprentissage vers une ambiance plus tendue entre jalousie parmi les filles du chœur et l'autoritarisme de leur chef qui exerce une certaine emprise sur celles qui sont à peine sorties de l'enfance, et sur Karolina, encore davantage. Il y a quelque chose de prévisible dans le drame qui couve, car sinon le film n'aurait pas le titre de Broken Voices, mais le réalisateur, Ondřej Provazník, prend son temps, installant une atmosphère que Sofia Coppola n'aurait pas désavouée. Les performances musicales sont nombreuses et joliment exécutées, avec des prestations de haute volée de ses interprètes, choisies pour leurs qualités de chant. C'est le cas de la débutante qui joue Karolina, Kateřina Falbrová, celle-ci se révélant, au-delà de son talent vocal, remarquable dans l'expression de l'ambigüité de ses sentiments, vis-à-vis de son chef de chœur et de la compétition avec ses petites camarades. Le film a fait grand bruit dans son pays et suscité des controverses, car l'histoire qu'il raconte présente plus que des similarités avec celle vécue par une véritable Karolina, et ce, bien que le cinéaste s'en défende.