Dans le pénitencier de Wakefield, les prisonniers sont encadrés par des congénères, libres sur parole, que leur pouvoir et l'impunité conduisent à la cruauté et à la corruption, avec la complicité de quelques notables de la ville voisine. C'est ce que découvre un détenu anonyme, Harry Brubaker,
qui n'est autre -effet de surprise garanti après une demi-heure, que le nouveau directeur de l'établissement chargé de réformer la prison.
Et il y a de quoi faire.
Brubaker agit en humaniste, soucieux de redonner aux prisonniers leur dignité, de les impliquer dans le fonctionnement de la prison et de rompre avec un sadisme généralisé. Cependant, en entamant les prérogatives des libérés sur parole, en se heurtant aux intérêts des notables ou au conservatisme électoraliste de quelque politicien, il devient un ennemi.
Tout le suspense du film repose sur la réussite improbable de Brubaker, bien trop seul, malgré sa détermination, face à la haine des tenants du statu quo. Il y a quelque chose de plaisant à voir Robert Redford faire le ménage bien que les réformes imposées et brutales puissent causer quelques dégâts et que le réalisateur suggère que Brubaker progresse suivant sa seule vision des choses. Ce thème, sans doute modeste, vient s'ajouter à une action souvent haletante.
Décidément, pour Stuart Rosenberg, auteur de "Luke la main froide", la prison forge de sacrés caractères...