Après avoir découvert Buffet froid, il m’est venu en fin de visionnage une réflexion évidente mais qui m’a littéralement sauté à l’esprit : « Quentin Dupieux n’a clairement rien inventé en matière d’humour et d’univers absurde ». Si je prends comme modèle le réalisateur de Rubber, c’est qu’au niveau du cinéma français, je ne connais que lui qui ose s’attaquer à de telles comédies. Certes, la réputation des films de Bertrand Blier ne m’est pas étrangère – j’ai le synopsis du Bruit des Glaçons qui me reste en mémoire depuis que je l’ai découvert. Mais jusque-là, je n’avais que Les Valseuses à mon actif. Et autant dire que, vu le sujet, l’écriture et les personnages, je peine à le voir comme une comédie absurde. Je ne savais donc pas à quoi m’attendre de Buffet froid, surtout que son synopsis ne dévoile rien de bien étrange. Juste que nous suivons un chômeur se retrouvant dans une situation sordide, suite à l’assassinat d’un homme dans le métro. Autant vous dire que la surprise fut de taille quand le film commence par une discussion entre deux personnages, dont les tenants et aboutissants sortent de toute logique. Mais une surprise plus que bienvenue, m’ayant captivée d’entrée de jeu. Car par la subtilité de son écriture et des dialogues, Buffet froid m’a tout de suite emporté. Et m’a emmené dans son univers si particulier, qui m’a bien fait rire. Par ses situations cocasses, ses personnages délirants, ses conversations insensées et le casting qu’il propose, le film se présente comme une pure comédie noire. Celle qui joue de sa forme – celle du polar glacial et ténébreux – et qui s’y maintient avec sérieux pour créer un décalage d’une redoutable efficacité. L’intrigue part dans tous les sens à la longue, mais parvient toujours à retomber sur ses pattes. Même, le titre arrive à donner une vraie fin à tout ce joyeux bazar – petit tacle lancé aux films de Dupieux, pour rester dans le comparatif. J’ai franchement passé un bon moment devant Buffet froid, et grâce à lui, je compte bien m’empresser pour découvrir les autres œuvres de Bertrand Blier.

Buffet froid

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