Dans Bugonia, Yórgos Lánthimos orchestre une fable étrange où le réel côtoie l'étrange, sans toujours retrouver la fulgurance de ses œuvres les plus acérées.
Je dois d’abord saluer la prestation de Jesse Plemons, magistral en Teddy : il navigue entre inquiétude, excentricité et retenue avec une aisance impressionnante, et bénéficie d’une belle dynamique avec Emma Stone et Aidan Delbis. Leur trio apporte une vitalité bienvenue dans un récit où certains personnages, comme la patronne froide et robotique ou Casey, souffrent d’une écriture trop appuyée — à force de répéter que Casey est limité, le film finit par l’affadir.
Sur le plan formel, j’ai apprécié le formalisme visuel typique de Lanthimos, même si le final pâtit de VFX et d'une esthétique franchement peu gracieux. Le rythme, lui, reste inégal : une introduction trop longue, quelques monologues pesants, et un dernier acte dont la conclusion apparaît évidente dès que l’on connaît un peu le cinéma du réalisateur.
Au final, même si j’ai apprécié quelques fulgurances d’acteurs et de mise en scène, je reste partagé, car le film laisse une impression d'inabouti.