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Thriller conspirationniste d'une absurdité assez réjouissante. On sent très vite que Lánthimos s'est bien fait plaisir en tirant sans sommation sur les angoisses et leurs dérives d'une société en train de déraper.
Entre deux rednecks complotistes et la directrice d'un grand groupe pharmaceutique, le réalisateur grec semble vraiment s'amuser à organiser, via un kidnapping, la confrontation qui s'impose, une confrontation explosive, aussi caricaturale que démente, soutenue de bout en bout par un humour noir et crispant de premier choix, par un sens du grotesque totalement décontracté.
Lánthimos nous a déjà depuis longtemps habitués à son goût prononcé pour le malaise, à son sens de l'absurde particulièrement affûté mais sans jamais se départir d'une certaine rigidité. Cette fois, il se lâche pour de bon jusqu'à basculer très souvent dans la comédie satirique et volontiers méchante. Le personnage de Don, acolyte de Teddy (le "cerveau" en ébullition de toute cette histoire), à peine éveillé et franchement un peu débile, en est un bon exemple. Leur association pourra même presque nous évoquer le duo "Beavis and Butt-Head".
Ainsi, en bon observateur de la régression de l'espèce, Lánthimos se montre implacable envers tous ses personnages, ne choisit pas forcément de camp et renvoie élites et peuple dos à dos, chacun englué dans ses travers et le ridicule de sa condition. En ce sens, sous ses airs de farce outrancière, Bugonia se révèle un pur projet misanthrope, s'abattant comme une sentence sur notre écran dans une sorte d'ambiance de fin du monde finalement plutôt stimulante.
Efficace et bien organisé, Lánthimos nous entraîne ainsi avec un franc plaisir jusqu'à un twist plus ou moins surprenant, aussi malin que peut-être inutile, un peu comme la blague de trop qui altère l'adresse du propos.
En forme de pied de nez, une dernière note mitigée pour nous rappeler que, même si tout est foutu, on aura bien rigolé.
Créée
le 1 déc. 2025
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