CEUX QUI AIMENT LE CINÉMA NE PRENDRONT PAS CE TRAIN.

Repérer puis accumuler stratégiquement les points qui font que d'autres films sont cool, dans le secret espoir que le sien le soit également, amène à éprouver une gêne réelle. Je n'ai eu cesse de penser que le réalisateur David Leitch nous hurlait régulièrement à la figure "t'as vu, je suis cool, hein ?", "avoue que mon film est cool", "DIS-MOI QUE JE SUIS COOL !!!".

J'étais enthousiaste à l'idée de voir Bullet Train. Un casting solide, des moyens, de l'autodérision et de la bagarre au programme, tout est là pour se faire du bien, un plaisir coupable accueilli les bras ouverts. 

Ces mêmes bras m'en tombent devant un tel ratage. 

Rien ne fonctionne : acteurs en roue libre, décors en carton pâte, lumière non investie, dialogues ratés, et une réalisation qui n'a pas su que faire de la contrainte du lieu.

Pomper autant les débuts de carrière de Guy Ritchie ou de Quentin Tarantino et ne pas travailler ses dialogues ? En voilà un choix étonnant quand on a le parti pris de faire un film aussi verbeux. Empilement de phrases sans caractère ni punch ni classe, c'est un supplice tout du long de ces 126 minutes de les entendre ânonner ce texte.

Le scénario, quant à lui, s'égare, s'allonge inutilement. Les multiples histoires dans la même histoire sont caricaturales et mal menées...et portées ! Car il apparaît que la direction d'acteurs n'était pas une priorité. Certains sont même ridicules (coucou Michael Shannon), à se demander ce que même leur plus proche et loyal entourage a pu leur dire à la vue de leur jeu ? Mais pourquoi bosser sa partie du moment qu'on est COOOOL ? Seul Aaron Taylor-Johnson surnage dans cette noyade collective.

Quant aux scènes d'action, un des supposés moteurs de ce film, elles se reposent abusivement sur des effets spéciaux non finalisés, ne soignent qu'une poignée de mouvements. Les bruitages, que le monteur a dû convoqués face au désastre, ne sauvent pas la mise.

Ajoutons des caméos qui n'apportent rien mais qui soulignent bien l'effet très longue blague excluante qui n'amuse que la poignée de personnes impliquées. 

Gil-les
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le 14 oct. 2022

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