"No Country For Old Men" privilégiait nettement l'abstraction aux personnages tout comme "Ladykillers" dans un autre registre, tandis que pour pour "Fargo" ou "Blood Simple" c'était l'inverse. Avec "Burn After Reading", peut-être le Coen le plus sous-estimé avec "Intolérable cruauté" dont je reparlerai, ce sont les personnages qui se retrouvent perdus dans l'abstraction, comme aux grandes heures de "Miller's Crossing" ou du "Grand saut". Il y a d'ailleurs quelque chose de ce dernier ici, dans la mise en scène baroque et la construction conceptuelle, quasiment mathématique, qui renforcent cette impression de déterminisme tragique (cf. les commentaires récurrents du patron de la CIA). Car parallèlement les frères Coen renouent aussi avec des protagonistes touchants de candeur, certes condamnés par leur intellect limité mais tragiquement conscients de ce vide existentiel et désespérément avides de le combler.


Une fausse comédie d'espionnage donc, souvent hilarante mais d'autant plus mélancolique voire par moments presque poignante (cf. la scène du parc et ce malentendu qui annihile toute possibilité de rapprochement amoureux entre les personnages de George Clooney et Frances McDormand) du fait du contraste entre ces deux niveaux de lecture, transcendés l'un comme l'autre par des acteurs équilibristes qui s'en donnent à coeur joie, Clooney en tête (j'inclue Brad Pitt en caricature vivante de coach sportif, magnifiée par sa fin pathétique).

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le 17 août 2026

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Oh-Dae-su

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