Même si By the Stream, à l'heure où ces lignes sont écrites, n'est pas encore sorti en France, ce n'est évidemment pas le dernier long métrage de Hong Hang-soo, ce stakhanoviste en ayant déjà tourné un autre. Spécialistes des variations sur ses thèmes de prédilection, le cinéaste coréen est fidèle à lui-même dans ce nouvel oups et, comme souvent, ce qui semble anodin pendant la projection, à savoir ces longues conversations et ces repas alcoolisés, finit par emporter l'adhésion, plus ou moins grande, selon les cas, à un charme évanescent, un peu flou, où les non-dits ont sans doute autant, sinon plus, d'importance que les mots échangés. Ainsi, pourquoi le personnage masculin, qui a eu son heure de gloire en tant que metteur en scène et acteur, est-il désormais déclassé ? On le devine mais sans en être bien certain. Sa nièce, conférencière, jouée par la délicieuse Kim Min-hee, possède aussi quelques zones d'ombre dans sa vie, de même que sa supérieure qui, comme les autres principaux protagonistes, mène une existence sans attaches sentimentales. La solitude, l'amertume, les ratages de l'existence, le temps qui passe, mais aussi les liens intergénérationnels sont au cœur d'un film qui ne révolutionne pas la manière habituelle de Hong mais marque une évolution par petites touches, à laquelle on sera sensible, ou pas, selon ses affinités avec le style du réalisateur. Anguille (un met très apprécié dans le film) sous roche, il y a toujours mais sous une forme très personnelle qui semble se recycler en permanence d’œuvre en œuvre.

Cinephile-doux
6
Écrit par

Créée

le 6 juin 2025

Critique lue 69 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 69 fois

1

D'autres avis sur By the Stream

By the Stream

By the Stream

8

VinylToPixels

1411 critiques

L’art pour l’acte

Car l’acte lui-même peut être aussi gratifiant et peut-être même plus que la présentation de cet art à un public : c’est un film sur la création artistique, qui fait du bien sur le moment.

le 3 févr. 2026

By the Stream

By the Stream

8

Nzoa

10 critiques

L’acteur est mort, vive l’acteur.

Chez Hong Sang-soo, on entre par le corps des acteurs. Pas de carton, pas de plan de situation : juste un corps assis. Une enseignante accueille son oncle, acteur venu remplacer un professeur renvoyé...

le 20 oct. 2025

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

8120 critiques

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

le 28 mai 2023

France

France

8

Cinephile-doux

8120 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8120 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021