Issue d’une longue lignée de femmes palestiniennes, Lina Soualem est la première de sa famille à être née loin de Tibériade, enclave palestinienne à la frontière du Liban et de la Syrie. Elle décide de remonter le fil de son histoire familiale, en donnant la parole à sa mère, sa grand-mère et ses tantes.
Au-delà du récit autobiographique, composé ici de témoignages, de photos et de vidéos de famille, le documentaire fait nécessairement écho à l'actualité en pointant les souffrances liées à la confiscation de terres palestiniennes par les autorités israéliennes et au déracinement et bouleversements que ces familles ont dû affronter.
Pour autant, en centrant le propos sur sa mère, qui, elle, a volontairement choisi l'exil pour devenir actrice, la réalisatrice renvoie également l'image de femmes résistantes et résiliantes. Ce personnage, au charisme indéniable, et que l'on a tous forcément déjà vue apparaître à l'écran dans un ou plusieurs de la centaine de films qu'elle a tournés, et à qui sa fille donne la parole, notamment pour faire lire le texte qu'elle a écrit et qui pourrait servir de voix off au documentaire, est sans aucun doute la plus grande force du film.
Pour autant, Bye Bye Tibériade a la malchance de sortir après Les Filles d'Olfa et Little Girl Blue, deux autres films documentaires qui s'intéressaient déjà à des questions plus ou moins similaires : la relation mère-fille, la transmission, les origines, les racines, l'héritage... et parce que le film manque de rythme et semble un peu moins bien construit que les deux autres cités, son impact se révèle moins puissant chez le spectateur.
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