Cité comme un faible Hitchcock, j'ai pourtant bien apprécié.

Certes, on est loin des thrillers du maître, il s'agit là plutôt d'une sorte de drame personnel, sous le sceau tout de même d'une antienne hitchcockienne, la fameuse innocence coupable.

Ici le personnage joué par Ivor Novello (ce type là a une tête décidément bien sympathique et puis il joue bien) un jeune étudiant (Novello en parait trente bien tassés quand même) est viré de son université parce que soupçonné à tort de viol à la place de son copain. Il ne pipe mot.
Son père le rejette et il se laisse aller à la déchéance, d'où le titre, d'où ces escalators qui le font descendre, d'où ces ascenseurs qui n'en finissent plus de le faire descendre, encore plus bas, jusqu'au delirium tremens en bon alcoolique suicidaire.
D'ailleurs quand il reprendra espoir, il montera des cales du bateau qui le ramène chez lui, il grimpera sur le quai, etc.
Parti d'un premier plan sur un terrain de rugby de l'université, le film cercle se terminera sur une autre partie sur le même terrain. Le film cercle dessine son mouvement, pas de manière symétrique évidemment, on s'appesantit sur la descente, au parfum mélodramatique cher à cette époque.

Même si le déroulement de l'histoire et la manière par moments très ingénieuse de mettre en image ne dépassent pas ses futurs chefs d'oeuvre il y a là des moments de grâce qui me font adorer cet olibrius d'Hitchcock. L'on sent la très forte influence de l'expressionnisme allemand : certains plans entre ombre et lumière sont magnifiques (la danse dans le magasin, le bouge à Marseille).
Les acteurs sont étonnants, de plus les filles sont superbes autant qu'elles jouent très bien. La vieille qui tente de séduire Novello au bord d'être son gigolo, a un de ces regards à la fois inquiétants et pitoyables. Le film regorge de ces petits instants de bonheur cinématographiques : une actrice, un regard, une ombre ou bien un temps ici ou là.

Oh, je ne sais pas qui a composé ou joué l'accompagnement musical du dvd Universal mais je l'ai trouvé assez entraînant, original et très approprié.
Alligator
8
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le 31 janv. 2013

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