Une critique pour les deux films
Après avoir vu la première saison de Welcome to Derry, j’ai eu envie de revisiter les films It version Andy Muschietti, deux œuvres vues en salle à l’époque et qui m'avaient déçu : passablement pour la première, et complètement pour la seconde. Un constat qui s’appliquait également au roman, lui aussi en deux parties inégales.
Mais le roman est par contre bien supérieur à l’adaptation livrée là, quand bien même son second tome est nettement moins intéressant. Il traite des marottes de Stephen King, entre auteurs névrosés (le Bill du présent), bully excessifs, et petites villes dont les horreurs sont avant tout humaines. Car sans surprise, la monstruosité de Ça n’est qu’une chambre d’écho aux atrocités commises par l’homme: crimes homophobes, violence domestique, inceste, harcèlement… La créature ne fait que refléter les saloperies que nous traînons partout. Cette partie-ci, la duologie de Muschietti la retranscrit bien. Et c’est à peu près tout. Allez, sauvons le design de Pennywise, original, et la réussite du casting, tant des enfants que des adultes.
On raillera d’abord la grossièreté de l’appel du pied fait par la Warner en déplaçant l’époque du récit dans les années 80. Cela a du sens, puisque permettant de faire coïncider la seconde partie au présent du spectateur, de la même façon que le roman débutait dans les années 50 et s’achevait dans les années 80, contemporaines de sa sortie. Mais c’est avant tout un engouffrement dans cette brèche de nostalgia-porn pour cette Amérique fantasmée des 80s, où tout allait pour le mieux sous la pop-culture Amblin en occultant les politiques reaganiennes dévastatrices (celles-là mêmes qu’évoque le slogan MAGA). Un non choix purement commercial que vient enfoncer la présence du Finn Wolfhard de Stranger Things au casting (acteur contre lequel je n’ai rien par ailleurs). L’opportunisme dégouline.
On critiquera ensuite, comme dans la série HBO, cette propension à tout montrer sans jamais laisser de place à l’imaginaire du spectateur, avec en sus une CGI passablement laide et une caméra neurasthénique dont la seule trouvaille est de faire vibrer le cadre de l’écran au rythme de la danse du clown. Une propension démonstrative que vient appuyer le suremploi de jumpscares putassiers à toutes les sauces, comme un aveu d’échec du réalisateur à créer la tension autrement.
Et si tout cela est encore supportable sur le premier film, ça devient plus compliqué sur le second qui se traîne 2h45 durant dans un dispositif narratif hyper redondant. On va devoir revisiter chaque personnage, de zéro, en le faisant se souvenir dans une construction procédurière mollassonne et sans surprise qui ne fait jamais rien avancer dans un schéma récursif (tant au sein du film que du diptyque). Passé les retrouvailles des Losers (45 minutes?), c’est la catatonie jusqu’au final.
Préférez finalement la série qui, sur une durée de près de 8 heures, paraît bien plus digeste que ce second film. Le premier se regardant en effet, mais n’étant malheureusement pas autonome.
Chapitre 1 : 5/10
Chapitre 2 : 3/10