Candy Land est une curiosité efficace qui évite le piège du slasher générique grâce à son atmosphère poisseuse et son casting d'une justesse surprenante. Le film de John Swab nous plonge dans le quotidien de travailleurs du sexe marginaux sur un "truck stop" du Montana, avant de faire dérailler son récit dans une violence graphique radicale. Ce qui permet au film de dépasser la simple série B, c’est l'authenticité de ses personnages : la solidarité de cette "famille" de parias est palpable, et l'interprétation d'Olivia Luccardi en jeune fanatique religieuse est fascinante de dualité.
La présence d'un William Baldwin très convaincant en shérif fatigué apporte un ancrage réaliste bienvenu à cette descente aux enfers. Si l'intrigue reste simple, elle aborde avec intelligence les thèmes du fanatisme et de l'exclusion. La transition vers l'horreur pure est rafraîchissante car elle ne sacrifie pas totalement la patte d'auteur que l'on devine derrière la caméra. Un petit film de genre, certes, mais doté d'un véritable caractère et d'une interprétation solide qui donne envie de suivre de près les futurs projets de ce réalisateur.