Le hasard est parfois bien curieux (et étrange), puisque en 2006, à seulement quelques mois d'intervalle, sortaient deux films, tous deux fortement inspirés par "Le cannibale de Rotenburg". Le premier est Cannibal (2006) de Marian Dora et le second est Confession d'un cannibale (2006) de Martin Weisz.
Le fameux cannibale avait défrayé la chronique allemande lorsqu’en 2001, Armin Meiwes et sa victime (consentante) Bernd Jürgen Brandes, s’étaient livrés à un “joyeux” jeu de massacre. En effet, le premier avait publié une annonce sur internet, dans le but de trouver un homme qui accepterait d’être mangé. Après plusieurs rapports sexuels, ils ont convenu qu’Armin découperait le pénis de Bernd afin d’en consommer chacun un morceau.
Bien avant de mettre en scène une femme nécrophile (The Yearning of Maria D. - 2018) et un pique-nique bucolique teinté de scatologie et d'urophilie (Blight Of Humanity - 2018), pour son premier long-métrage, Marian Dora adaptait au cinéma ce sordide fait divers. Le résultat est à l’image de son réalisateur, l’ensemble se veut faussement arty et poétique. Imaginez une love-story gay ridicule
(la scène où ils se partagent un gâteau Prince de Lu à pleine bouche est à mourir de rire ou lorsqu’ils se sodomisent avec des hennissements de chevaux en fond sonore), avant de virer au bain de sang (l’un des deux tente de littéralement mordre dans le pénis de son partenaire, mais étant en érection, le zboub est difficile à croquer, jusqu’à la scène fatidique et très explicite du coupage de pénis au couteau de cuisine qui finira frit à la poêle).
Cannibal (2006) n’a véritablement pas grand chose à raconter (si ce n’est de montrer), il faudra près de 25min pour entrevoir enfin la première ligne de dialogue (elles se font très rares pendant 90min), sans parler de la première partie du film qui s’avère bien trop longue et assommante pour le peu qu’elle a à raconter. Comme à son habitude, Marian Dora esthétise à fond l’horreur absolue en mettant en scène le cannibale qui dépèce et éviscère son compagnon (et accessoirement, son jouet sexuel gustatif). Les fans hardcore du réalisateur allemand seront comblés, pour les autres, prenez votre mal en patience et bien évidemment, ce film est fortement déconseillé aux âmes sensibles.
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