Parait-il qu’il faille prendre du recul pour mieux comprendre notre Histoire.
11 novembre 1918, loin de Paris et de Verdun, c’est à la frontière Bulgare que vous passerez les dernières heures du conflit en compagnie de Conan et de ses guerriers.
Un conflit qui ne s’arrête pas. Après la fin officielle, c’est le début des opérations. « Qu’est-ce que la paix ? » demande un personnage, « C’est une opération sur le pied de guerre », lui répond un membre de l’état-major.
Au début du film, la caméra est au plus proche du terrain, du sol, pour suivre les tranchées et les soldats tombés. Souvent en mouvement et à l’épaule, elle se rapproche au fur et à mesure des humains.
Pourtant c’est un film sans héros. Même pas Conan, même pas le lieutenant. Héros, anti-héros ? Je laisse cette question aux manuels scolaires. Ici il n’y a que des soldats, des guerriers, des Hommes vaillants ou non.
Bertrand Tavernier n’oublie personne, pas même les tirailleurs sénégalais, les soldats algériens, pas même les bulgares.
« Capitaine Conan » est également un film sur la justice. Il y a celle des citoyens et celle des soldats.
Il faut saluer, comme souvent chez Tavernier, un casting formidable avec Philippe Torreton dans un de ses plus beaux rôle.
À travers « Capitaine Conan » le réalisateur nous donne pour la première fois la dimension mondiale de ce conflit, à travers un film français.