Le sujet et la longueur du film permettent à Henry King d'évoquer l'Inquisition espagnole dans un premier temps puis, un peu plus tard, le débarquement au Mexique des Conquistadors. Ainsi le gentilhomme Pedro de Vargas, fuyant l'Espagne et l'accusation d'hérésie, se met au service du célèbre Hernan Cortez.
Mais, comme on pouvait s'y attendre, et parce que la rigueur et l'authenticité ne sont pas l'apanage du cinéma historique hollywoodien, le film de King verse dans un romanesque flamboyant et sacrifie l'Histoire, pourtant riche, à un scénario tout en clichés et stéréotypes. Trop longue, étirée mais creuse, l'épopée de Pedro de Vargas reproduit les ressorts et la thématique courants du cinéma d'aventure, amour et justice, courage et honneur...le tout imprégné d'un moralisme convenu et pieux.
Le film est d'ailleurs bien moins mouvementé que bavard. Il lui manque le souffle et le parfum des plus exaltantes aventures. Et des idées fortes aussi. L'Inquisition, pour King, se limite à une querelle de voisinage et à la basse vengeance d'un type fourbe; l'invasion espagnole de l'Amérique centrale est circonscrite au camp de base de Cortez (une figure tristement insignifiante) où les décorateurs se sont contentés d'ériger une exotique pyramide maya (ou aztèque) et dans lequel camp les auteurs s'attachent à des contingences anecdotiques indignes de l'Histoire de la découverte et de la colonisation de l'Amérique.
Le dernier plan du film est une jolie gravure allégorique suggérant la conquête pleine d'espoir d'un Nouveau Monde qui serait plus juste et plus paisible que la vieille Europe. Mieux vaut revoir "Aguirre, la colère de Dieu" de Werner Herzog...