5
1470 critiques
La planète des pingres
Behind, quand on lui parle d'invasion extra-terrestre, de l'asservissement subséquent et d'un réseau de résistance, il retombe instantanément en enfance et se souvient d'une série qui l'a...
le 3 avr. 2019
Le réalisateur du premier volet de la trilogie reboot de la Planète des Singes est revenu cette année avec un film de SF particulièrement déconcertant au premier abord. Les bandes annonces vendaient effectivement un film ambitieux au propos politique puissant. Qu'en est-il ? On ne va pas se mentir, c'est une douche froide.
Mais ne crachons pas dans la soupe, Captive State n'est pas mauvais pour autant, bien au contraire, il se révèle extrêmement intéressant. Le problème étant que chaque bonne idée du long-métrage est entachée par une maladresse et ce pendant presque deux heures. Commençons par les bonnes idées et les qualités car, oui, il y'en a.
Des bonnes idées
Tout d'abord, la direction artistique est de très bonne facture. Une ambiance anxiogène jalonne tout le film et participe grandement à l'immersion, le design des créatures est réussi, la photographie très sombre et poisseuse est parfaitement cohérente et tout ceci malgré un manque évident de moyens (budget de seulement 25 Millions). On peut parler aussi de quelques fulgurances visuelles avec certains plans tout simplement époustouflants. La musique est également de bonne facture bien qu'elle manque légèrement d'originalité. Les acteurs sont bons notamment John Goodman (comme d'habitude), d'ailleurs, le fait que son personnage soit quasiment principal est très intéressant étant donné qu'il est présenté comme l'antagoniste du film. Enfin, le rythme est effréné et j'avoue ne pas comprendre cette critique souvent faite au film. Captive State est beaucoup de choses mais pas ennuyeux tant il se pose rarement et contient assez peu de dialogues. Et justement, il s'agit rétrospectivement d'un défaut du film.
Des défauts
Chaque qualité énoncée plus haut fait donc l'objet d'un défaut. Je louais la qualité de la DA et certains plans somptueux mais la mise en scène n'est pas un bon point pour autant. La faute d'abord à un montage bien trop agressif notamment dans la première moitié et une caméra bien trop tremblante qui gâche complètement la visibilité de certaines scènes. Le manque de budget oblige le réalisateur à beaucoup utiliser le hors-champ et même si c'est logique cela reste assez frustrant car on aurait aimé en voir plus. Si les acteurs sont bons, aucun personnage se révèle marquant la faute à un manque de développement certain et c'est vraiment dommage car, de fait, le propos politique se révèle lui aussi trop peu abordé. Il y a l'idée que la majorité des personnages ne sont que des pions destinés à mourir pour la cause de la résistance mais cela rend difficile pour le spectateur de s'impliquer dans l'histoire. Cette implication se complique davantage étant donné que, comme indiqué précédemment, le film se pose trop rarement. Aucune scène ne dure plus de 5 minutes (à part peut-être la scène d'intro, la scène de la station de bus et l'interrogatoire en fin de film qui s'avèrent être, comme par hasard, les meilleurs scènes du long-métrage), le film n'arrête pas de s'éparpiller et de multiplier les points de vues pour un résultat efficace certes mais souvent très confus.
Un bilan mitigé
Captive State accumule donc les bonnes idées et les défauts pendant 110 minutes et au final on ne peut qu'être mitigé. Je vous le recommande quand même car, dans ce genre très codifié, le film de Rupert Wyatt se présente comme un espoir de renouveau et il serait dommage de ne pas tenter l'expérience en salle et ce même si le film est à des années lumières d'être parfait.
Trop ambitieux, trop maladroit, trop agité, trop superficiel mais bien trop intéressant pour ne pas lui laisser une chance.
Merci d'avoir lu, bien à vous ! ;)
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Mon année cinéma 2019 (avec annotations)
Créée
le 9 avr. 2019
Critique lue 315 fois
5
1470 critiques
Behind, quand on lui parle d'invasion extra-terrestre, de l'asservissement subséquent et d'un réseau de résistance, il retombe instantanément en enfance et se souvient d'une série qui l'a...
le 3 avr. 2019
8
612 critiques
Sorti sans fanfare en début d'année, Captive State est de ces films de SF étonnants qui alimentent de manière remarquable le genre à l'écran. Le postulat n'a pourtant rien de novateur et puise son...
le 31 août 2019
6
2331 critiques
Rupert Wyatt surprend avec ce film de science-fiction commun à nul autre dans le spectre de ce genre si codifié et où il devient de plus en plus difficile de proposer quelque chose de différent. Que...
le 15 mars 2019
5
4 critiques
SANS SPOILERS Bon bah il y a visiblement trop de caractères pour une simple annotation dans ma liste donc j'en fais une critique mais je vous assure que je ne voulais pas en écrire une étant donné...
le 23 déc. 2019
6
4 critiques
Le réalisateur du premier volet de la trilogie reboot de la Planète des Singes est revenu cette année avec un film de SF particulièrement déconcertant au premier abord. Les bandes annonces vendaient...
le 9 avr. 2019
6
4 critiques
7.3 sur SensCritique, 4.5 sur Allociné, voilà un film qui a été majoritairment adoré par les spectateurs. Sur le papier, le film a l'air effectivement magnifique avec ce scénario inspiré d'une...
le 11 oct. 2018
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème