Il est assez tentant d'avoir une lecture actuelle du film de Seijun Suzuki, en évoquant la toxicité masculine, entre autres, avec laquelle la jeune et jolie héroïne (superbe Yumiko Nogawa), qui ne s'appelle pas Carmen, doit composer. Il se passe beaucoup de choses sordides (viol, prostitution, meurtre) mais le film ne verse jamais dans le drame, respectant le caractère de son personnage principal, naïve, jusqu'à un certain point, comme peut l'être une jeune femme qui vient de la campagne, mais déterminée, et dont les mâles harceleurs ne s'en tirent pas sans dommage. Plein de rebondissements, servi par une une mise en scène nerveuse, Carmen de Kawashi est sans doute un peu atypique dans la filmographie du cinéaste mais ne la dépare absolument pas.