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Two Lovers
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le 13 janv. 2016
Ça commence par un générique vraiment kitch, avec des grosses lettres turquoise, façon série à deux balles des années 70. Puis apparaît Cate Blanchet, en bourgeoise new-yorkaise des années 50, artificielle, poseuse, jouant à la truelle les femmes fatales à l'ancienne, et j'ai failli laisser tomber. Mais je suis du genre pugnace, on s'en moque assez, et je le serai pour toujours tant la récompense a cette fois été à la hauteur de tous les sacrifices commis jusque là ! Parce que je m'en suis tapé, des navets écœurants, jusqu'à la dernière goutte, dans l'espoir que les 5 dernières secondes seraient une révélation cataclysmique. Et jusque là, ça n'était jamais arrivé. Mais ce petit bijou de délicatesse justifie à lui seul toutes les vocations les plus désintéressées au martyre cinématographique ! Car la récompense a été immense : ça n'est pas si souvent que le cinéma s'intéresse vraiment à la naissance d'un amour, à ces menus signes quasiment insignifiants qui annoncent de futurs grands déferlements. En prime, dans une société réactionnaire et entièrement tournée vers une superficialité bien méritée après deux guerres mondiales monstrueuses. Avec, comme cerise sur le gâteau, un machisme tellement assumé qu'il en devient invisible à la plupart des protagonistes. L'histoire d'amour vibrante entre ces deux femmes trouve-là un écrin qui va lui être ce que les plaques tectoniques sont aux diamants en formation. En toute retenue, avec une classe immense, sans accabler le reste du monde de reproches inutiles, tant l'évidence parfois ne peut être niée. Passées les premières minutes, c'est magnifiquement interprété et filmé avec une élégance folle. Mon César de cette année.
Addendum en 2026, pour la sortie de l'édition collector des 10 ans.
Le film n'a pas pris une ride et je ne retire rien à ce que j'ai écrit quand je l'ai découvert. Mais je me suis ruée sur le coffret qui vient de sortir pour, comme toute bonne fan qui se respecte, ne rien manquer de ce qui a l'époque avait déclenché une monomanie qui m'avait poussée à collectionner soigneusement tous les articles parus au sujet de ce chef d’œuvre inégalé. Je croyais que j'allais faire des découvertes malgré mon zèle. Ben pas vraiment, même si c'est chouette de mettre des visages sur les noms des artisans de l'ombre, Ed Lachman, Christine Vachon, etc. Et puis les 45 minutes d'interview de Todd Haynes sont passionnantes, c'est un artiste véritable qu'on a toujours envie d'écouter. Il y a quand même de grands absents : Phillis Nagy, notamment, la scénariste qui a tout de même connu Patricia Highsmith, ou les acteurs, dont on aurait aimé savoir l'impact que le film a eu sur leur carrière et quel souvenir ils gardent du tournage. Et pas seulement les deux têtes d'affiche. Mais surtout, surtout, nom d'un petit bonhomme à trottinette, où sont passées les scènes coupées ??? On sait qu'elles ont été tournées, on en connaît le contenu grâce au scénario qu'on peut trouver en ligne et là, silence abyssal, rien, pas même une allusion ! Le gros raté. Quand je pense à la façon qu'on avait eue de nous vendre la supériorité du Bluray sur le DVD en nous alléchant avec les heuuures de bonus auxquelles les cinéphages insatiables pourraient désormais avoir accès... Des clous, oui ! Franchement, c'est l'arnaque. Je me console avec l'affiche, les jolies cartes postales et le livret de 100 pages rajoutés à l'intérieur du coffret, mais quand même, les éditeurs poussent un peu. Sans compter que le montage du disque de bonus est pathétique, même pas du niveau d'un stagiaire qui n'a jamais vu un logiciel de montage de sa vie : les titres défilent à toute vitesse, défiant toute possibilité de les lire jusqu'au bout, les rares extraits qui illustrent les interviews sont trop longs et coupent complètement le propos, les images qui sont incrustées à côté des intervenants sont si petites qu'on se demande si ce sont des étiquettes de tartinettes ou de crottins de Chavignol, le décor comporte même un loup empaillé, c'est dire, et les propos, au demeurant intéressants, des uns et des autres sont souvent redondants. Du coup, je me suis refait les bonus d'époque, bien mieux conçus. Bref bref bref, il ne reste plus qu'à attendre les 20 ans du film pour espérer dépenser un billet de plus pour une bonne raison, cette fois.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Top 10 Films et Les meilleurs films de Todd Haynes
Créée
le 28 janv. 2018
Modifiée
le 1 mars 2026
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