Casa de Imagem (Maison de l’image), le troisième court-métrage réalisé par Kleber Mendonça Filho (avec Elissama Cantalice), en 1992, est, comme son précédent, Homem de Projeção, un travail de fin d’étude pour son cursus de journalisme qui le conduira d’abord à être critique de cinéma, avant de passer à la réalisation.
Plus encore que le film précédent, Casa de Imagem annonce clairement le documentaire que Mendonça Filho réalisera trente ans plus tard, Portraits fantômes. Il donne à imaginer une époque où aller au cinéma était un rituel ou une fête, en donnant à entendre le discours d’amoureux du cinéma ou des cinémas ou celui de projectionnistes (dont celui de Homem de Projeção, Alexandre Moura), et en projetant des images d’entrées de cinémas disparus ou de l’intérieur d’anciens cinémas (avant ou après leur fermeture), ainsi que certains des lieux qui les ont remplacés – supermarchés ou églises évangéliques, qui vendent un autre rêve, au prix de la disparition de l’art…
En reproduisant des fragments d’autres films – tantôt par la projection d’images accompagnées du seul son du défilement d’une pellicule, tantôt par des images prises de biais et rendues méconnaissables, tantôt encore par la diffusion isolée de bandes-son – le film se fait à son tour une véritable maison de l’image, lieu de conservation, de circulation et de survivance du cinéma.