Le film vaut 6/10 pour l'histoire et l'interprétation, mais je monte à 7 rien que pour le maquillage extraordinaire du "freak" en question.
Pas très enthousiasmée donc par l'histoire - pas originale - et l'interprétation tout juste correcte. Il y a du scabreux et du glauque, comme toujours chez Gordon, mais on est loin des délires frénétiques et de l'exubérance visuelle de "Re-Animator" ou "From beyond". Visuellement, à part le "monstre", c'est plutôt pauvre.
Les quelques scènes scabreuses (les assauts sexuels sur la prostituée et la fille aveugle) semblent gratuites et artificielles, comme si Stuart Gordon se sentait (avait été ?) obligé de mettre quelques scènes choquantes pour ne pas faire mentir sa réputation.
La grosse attraction du film, c'est le maquillage incroyable du prisonnier du château. C'est une merveille de réalisme décharné et sanguinolent. Un mélange entre la Tristana Medeiros de [REC] et la créature souterraine de "Barbare". Les deux réalisateurs ont dû s'en inspirer, c'est pas possible autrement.
Le maquillage est incroyablement détaillé et soigné, entre les ongles démesurés des mains et des pieds, la colonne vertébrale monstrueusement saillante, les longs cheveux filasses et surtout, l'immense bouche sanglante à la dentition chaotique. Je vous laisse découvrir le dernier petit détail physique bien glauque. La(les) cerise(s) sur le gâteau, si je puis dire. ^^ Du magnifique maquillage à l'ancienne qui fait toujours plaisir à voir.
Pas de doute : Giorgino a souffert, comme le montre l'horrible longue scène d'ouverture sans paroles où il se fait fouetter au chat à neuf queues par une mégère - qui n'y survivra pas et c'est tant mieux !
Comme pour Javier Botet en Tristana Medeiros, je tire mon chapeau à l'acteur qui a merveilleusement réussi à faire vivre ce monstre repoussant, effrayant et touchant, sans recours à la parole.