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César
7.4
César

Film de Marcel Pagnol (1936)

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Dernier volet de la "trilogie marseillaise" de Pagnol. 1931, 1932, années des deux premiers volets confiés à Alexandre Korda et Marc Allegret pour la mise en scène. Quelques années ont passé jusqu'à 1936 permettant à Pagnol, cette fois-ci, d'assurer la mise en scène lui-même de l'acte concluant la trilogie… Pendant ces quelques années, Pagnol a d'ailleurs réalisé d'autres films comme Jofroi ou Merlusse (qu'il faudra peut-être bien que je trouve …)

Là, encore, nous constatons une évolution du cinéma de Pagnol quittant le strict théâtre filmé avec de plus en plus de scènes en extérieur, sur la mer (partie de pêche), dans la garrigue (le rendez-vous "secret" de Marius et Fanny), le cortège lors de l'enterrement de Panisse, … ou des essais de mise en scène en plongée sur la table de la partie de cartes ou sur le bateau de Fanny. Je pense qu'aujourd'hui c'est d'une banalité à faire pleurer mais à l'époque, le cinéaste ne devait pas se lasser d'essayer ou d'améliorer sa technique, peut-être en s'inspirant de ce qui pouvait se faire ailleurs.

Pour tenter d'esquisser une synthèse de la trilogie, on pourrait dire que dans "Marius", tous les ingrédients du drame étaient présents mais que tout était possible pour l'éviter. Dans "Fanny", le destin figeait définitivement le sort des protagonistes dans le drame. Vingt ans ont passé dans une situation familiale normalisée, centrée sur Césariot, le fils de Fanny avec un Marius exclu. Il a fallu que Panisse meure pour rebattre une nouvelle fois les cartes du destin. Dans "César", on ressort les vieilles histoires et on règle des comptes vieux de vingt ans.

Le film commence par la mort de Panisse, son agonie et sa confession semi-publique. Pagnol a parfaitement réussi cette scène en principe triste pour en faire un petit joyau par moment très drôle. Et j'aime bien la petite coloration anticléricale que Pagnol nous distille insidieusement. Par exemple, l'exigence du curé pour que Panisse sur son lit de mort avoue à son fils qu'il n'est pas son père est d'une cruauté d'autant plus inadmissible qu'elle est parfaitement inutile (et je dirais bien, in petto, que cette cruauté n'est pas vraiment surprenante).

Le film alternera ainsi les scènes comiques (le chapeau attrape-couillon ou la visite impromptue du collègue de Césariot) avec les scènes plus graves ou émouvantes.

Je ne reviens pas sur tous les acteurs qu'on suit depuis le début de la trilogie, tous bien excellents, Raimu, Orane Demazis, Pierre Fresnay, … Je voudrais juste m'attarder sur le nouveau personnage Césariot, polytechnicien, supérieurement intelligent, sûr de lui. Et peut-être surtout, belle tête à claques. L'acteur, André Fouché, n'a que deux ou trois ans d'expérience au cinéma. Alors, on peut se demander s'il ne s'agit pas d'une erreur de casting. Bien que son jeu m'agace souvent, je pense, au contraire, que c'est bien un choix délibéré de Pagnol de placer en personnage quasi central du récit le résultat d'une éducation qui en a fait "un nombril" du monde avec un accent pointu, une ironie déplacée sinon insolente et finalement un mépris des petites gens, celles-là même dont il est issu. De ce point de vue, André Fouché coche bien toutes les cases. Comme pour ses propres parents, il faudra bien que le personnage vieillisse pour devenir adulte ...

Ce dernier volet de la trilogie clôt admirablement une belle histoire de famille servie par des personnages attachants et très humains ainsi que par des dialogues bien souvent inoubliables et finalement intemporels.

Si les péchés faisaient souffrir quand on les fait, nous serions tous des saints.


JeanG55
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il y a 11 heures

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