Histoire de me rappeler que Bollywood n'était pas fait que golgoths moustachus corrigeant des malandrins tout aussi moustachus entre deux interludes musicaux chamarrés, je me suis fait ce qui passe pour le meilleur film de Satyajit Ray, réalisateur phare et véritable figure tutélaire du cinéma indien.
Et si on a de la moustache et du passage musical, c'est quand même autrement plus sobre. Contant la confusion des sentiments très flaubertienne d'une bourgeoise indienne que son mari, directeur de presse, pousse à l'écriture par l'entremise de son cousin, et où l'épanouissement artistique se mêle à celui (donc) des sentiments, le film nous donne aussi à voir le portrait d'une certaine société indienne de la fin du 19ième siècle, complètement modelée par l'exemple du colon anglais, mais où existe encore -si ce n'est déjà- l'idée d'une identité indienne.
Et si on est loin de la folie des massalas hypertrophié d'aujourd'hui, le film reste très joli, un noir et blanc stylé, quelques idées de mise en scène pas mal, mais aussi des mouvements d'appareils qui, aussi sympas soient-ils, sont un peu étranges en terme de sens, puisqu'ils ne servent pas à grand chose dans le carde du récit. Mais c'est maitrisé, sobre, et assez touchant somme toute dans ce que ça dit de la société indienne de l'époque de et notamment de la place des femmes.