Comme pour Le dernier des dragons qu'il avait tourné en même temps et en mettant en boîte des épisodes de la série Power Rangers, Isaac Florentine ne s'est pas embarrassé de fioritures pour mettre en place l'univers de Cold Harvest. Une comète, puis un virus (on ne croisera jamais d'infectés pour autant), un monde post-apocalyptique composé d'un saloon, de quelques ruelles poussiéreuses infestées de brigands (qui ont de bonnes têtes digne d'un western) et ça suffit. Chez Saban pour des mioches de dix ans sûrement. Pour un film, c'est un peu juste.
Heureusement, pour se consoler, il y a un quota satisfaisant de bastons assurées par Gary Daniels et son regard d'acier. Profondément inexpressif ("tu possèdes une lueur de guerrier dans tes yeux" lui assurera un vieillard. Faudrait qu'il me dise où il l'a vu.) même quand il apprend la mort de son frère, il reste, à défaut de posséder une profondeur de jeu, un des meilleurs artistes martiaux du circuit à égalité avec Scott Adkins.
Si les bagarres sont présentes, chaque coup porté est accompagné d'un bruitage exagéré comme dans un film de Bud Spencer et Terence Hill (pas à ce point peut-être encore que) et d'un saut de plusieurs mètres de ses ennemis (pareil pour les explosions) là encore digne d'un épisode de Power Rangers ou de n'importe quel sentai. La musique, en dehors de quelques notes de guitare, est absente. Les courses-poursuites sont incroyables de lenteur à croire qu'elles sont au ralenti comme à chaque fois que Daniels lève la jambe.
Mais moi, je l'aime bien ce type et j'espère qu'un jour il y aura un réalisateur capable d'exploiter son potentiel à fond. Et à l'époque, il fallait bien que Florentine apprenne le boulot.