A la mort de sa mère, l'institutrice Louise quitte sa région pour s'installer à Annecy. Dans le même temps, un jeune immigré italien s'installe en ville.
Philippe de Broca réalise un film sentimental et intimiste qui tranche avec ses comédies et personnages généralement farfelus. Que peut-il advenir de la relation qui se noue entre Louise à la quarantaine charmante et aux allures, parfois, de vieille fille et ce gamin italien impécunieux et immature? C'est tout l'objet de ce film attachant et implicite qui se consacre essentiellement à invoquer le sentiment ambigu et dépassionné de Louise pour Luigi, amant mais surtout fils couvé et entretenu.
Rien de transcendant ou de spectaculaire dans les murs un peu décrépis d'Annecy et au bord de son romantique lac, et de Broca filme des scènes d'une vie de province assoupie qui manquent parfois de relief mais dont la modestie est gage de sincérité. Le film n'est ni une satire sociale à propos d'une liaison sentimentale atypique ni une romance torturée ou discursive. Et à cet égard, la conclusion du film est aussi sensible que judicieuse.
Le charme rétro de la province des années 70 et la belle mélodie de Georges Delerue, la grâce de Jeanne Moreau et la part de mystère qui reste attaché à son personnage produisent de jolis moments. C'est dans l'émotion contenue que Louise et Jeanne Moreau parviennent à nous toucher.