Quand, dans les années 80, le gars Steven faisait des films qu'il pensait pour jeunes adultes, ces derniers parlaient directement à l'imaginaire des ados. Le problème, c'est que ce décalage subsiste: maintenant qu'il pense faire des films pour enfants, ceux-ci ne peuvent manifestement intéresser que les (jeunes) bébés, voir quelques fœtus précoces ou surdoués.
En plus, il se DePalmise, le gars Steven ! Comment rater des films avec de tels potentiels, franchement ? Déjà, Tintin, merde !
Mais là ? Le gars, il arrive à trouver un canasson qui est à la fois rapide, bosseur, doué pour le charrue comme pour monter des canons en haut de collines humides, qui parle plusieurs langues, qui comprend la psychologie humaine, qui sauve ses amis équidés, qui évite les balles, les barbelés et survit dans les no man's land, se montre doué pour le camouflage et pas rancunier pour deux sous, enfin bref, le cheval de concours, quoi ! Et ben, le gras Steven, il arrive, avec une telle créature exceptionnelle, a faire un truc tout mou du jarret, pas même susceptible de faire sourire la copine (de ch..) de mon fils. Un désastre en rase campagne.
Et j'ai la décence de ne pas mentionner les filtres grotesques qui baignent l'ensemble de la pellicule, dont l'intensité va grandissante jusqu'à devenir insupportable dans la scène finale.
Non, pour en revenir avec le problème du gars Steven dont je parlais en intro, je ne vois qu'une chose (vu que, depuis un moment, les films qu'il destine aux grandes personnes sont désarmants de fadeur et dégoulinants de mièvrerie): il lui faut refaire des films pour adultes mais avec son âme de 20 ans.
En tout cas si on veut pas continuer à avoir l'impression, à chaque fois qu'on voit le nouveau Spielberg, de miser obligatoirement sur le mauvais cheval.