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le 15 oct. 2025
SuivreMiser sur le bon chien
Chien 51 n'est pas un mauvais film et remplit son rôle de divertissement. Là où c'est dommage, c'est qu'avec un tel casting (les acteurs mais aussi le réalisateur et l'auteur) et un tel budget, on...
CHIEN 51
Il fallait un marseillais pour illustrer une Ville de Paris futuriste divisée en trois zones. Les check points sont contrôlés par une police orwellienne, elle même gérée par l'intelligence artificielle, ALMA, qui reconstitue en visio les scènes de crimes. Le créateur de l'IA est assassiné. L'inspectrice Salia (Adèle Exarchopoulos) fait équipe avec son chien Zem, Gilles Lellouche, bouleversant de crédibilité en tant que policier de la zone 3 du peuple inférieur. Voir un marseillais présenter sa version de Blade
Runner in Paris dans un futur plus récent est
jubilatoire. Cedric Jimenez, n'a pas dû voir le chef-d'œuvre de Ridley Scott sur écran géant, lors de sa sortie, en 1982. Né en 1976, il avait 6 ans. L'avantage des films culte c'est d'avoir marqué toutes les générations. En VHS, puis DVD, puis Blu Ray. Le réalisateur de La French (2014), Bac Nord (2020) et Novembre (2022) aime les scènes d'action avec CRS et courses-poursuites. Zem Sparak alias Chien 51 - C'est son matricule XP 51 qui le designe - doit faite équipe avec Salia Malberg. Tout les oppose. L'adrénaline des scènes d'action et les méandres de l'enquête va les rapprocher. Cedric Jimenez, 49 ans, va même leur faire vivre une scène de mini-romance, Mais c'est l'action qui guide leurs pas.
Le casting est impressionnant pour ce thriller d'anticipation au budget tout aussi impressionnant de 42 millions d'euros. Gilles Lellouche, cheveux blancs thes counts, alterne les scènes violentes et les moments d'intimité dans son logement aussi modeste que son avenir. L'acteur s'est bonifié avec le temps et la multiplicité de ses rôles. Artus est totalement déroutant et crédible en chef de la police agressif et virulent. À total contre-emploi. Romain Duris en ministre me fait penser à Olivier Véran, à la fois autoritaire et complètement dépassé par l'IA qu'il est censé contrôler.
L'auteur du roman, Laurent Gaude, attire l'attention sur les risques d'être dépassés par une intelligence virtuelle qu'on ne peut plus maitriser. On pense à Disney et son Apprenti-Sorcier dans Fantasia. Le futur est régi par une peur distillée par un président machiavélique que l'on ne voit pas, mais que l'on devine. La population a dû se soumettre au port de bracelets electroniques permettant de justifier sa présence dans l'une ou l'autre zone. Gare aux mécréants qui seront pourchassés par des drones tueurs. On pense à Tom Guise dans la Guerre des Mondes avec le drone inquisiteur recherchant Salia, cachée dans un entrepôt, là où un extra-terrestre cybernétique à tête chercheuse effrayait le père et la petite fille(Dakota Fanning) dans le drame de Science-fiction de Steven Spielberg de 2005.
L'homme a toujours aimé avoir peur, s'il est confortablement installé dans le fauteuil rouge d'un cinéma. S'imaginer poursuivi par un drone froid et calculateur est sans doute plus effrayant pour l'avenir qu' un Freddy Krueger dans les Griffes de la nuit de Wes Gaven, en 1985, comme celui de Samuel Bayer, en 2010.
Louis Garrel et Valeria Bruni-Tedeschi complétent le casting pour donner au film encore plus de consistance et Thomas Bangalter, fondateur casqué de Daft Punk, joue l'inventeur d'ALMA, l'intelligence artificielle qui pourrait se retourner contre son créateur. Comme si l'homme, avec son intelligence naturelle, pouvait se retourner contre Dieu. Le réalisateur, en pleine maturité aime distiller des pensées philosophiques de lanceur d'alerte entre deux scènes d'action de la BAC contre les impies, Avec une réflexion plus profonde sur la lutte des classes qu'une vision détaillée du monde futur qui pourrait nous attendre si on laisse faire. Avec 425.900 entrées, la première semaine, la dystopie de Cedric Jimenez attire les français dans 626 cinémas mais déçoit un peu les étrangers avec seulement 17,8 M$ de recettes internationales.
Créée
le 2 déc. 2025
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