Même si les frasques souvent désabusées de ces gamins paumés pourraient paraître aujourd’hui bien gentilles, force est de constater que les véhicules inhérents à leurs dérives délinquantes sont à peu près les mêmes.
Avec son style, sans frasques, et avouons-le assez pépère dans sa stylisation, Jean Delannoy dresse un portrait qui malgré sa grande sobriété, peu de violence, même si les propos peuvent l’être, s’avère être d’une grande justesse, sur la dérive d’une jeunesse livrée à elle-même. Avec Jean Gabin, encore une fois parfaitement crédible, dans le rôle d’un juge qui ne se contente pas d’infliger des peines, mais cherche surtout à venir en aide à ces déracinés.
Sur un scénario des incontournables Jean Aurenche et Pierre Bost, Delannoy réussit un portait juste et malgré ce style, souvent considéré comme non stylé justement, et tant décrié par certains donneurs de leçon d'une certaine vague, dont le condescendant François Truffaut, qui ne tardera pas malgré tout d’en reprendre les fondements avec son film L’Argent de Poche, a poser un regard intéressé et pertinent sur une jeunesse livrée à elle-même.