7
3451 critiques
Frontale
VU EN BLURAY La guerre indochinoise est sur le point de se terminer. Une jeune eurasienne accepte de guider un commando pour une périlleuse mission. L'eurasienne a accepté cette mission pour que...
le 6 déc. 2024
Découvert seulement récemment pour ma part, un Fuller longtemps interdit en France (visiblement sa représentation de la Légion étrangère était mal passée) qui m'a beaucoup ému et qui m'a paru très sous-estimé, quasi au niveau dans cette liste, finalement, du favori cinéphile "Quarante tueurs" dont je toucherai un mot sous peu. Pendant la guerre d'Indochine contemporaine du film, une étonnante Angie Dickinson y incarne Lucky Legs, prostituée sino-européenne en bons termes avec les deux camps qui accepte de participer à une mission de sabotage dans la jungle pour assurer à son fils métis un visa pour les États-Unis, retrouvant pour l'occasion son mari et père du gamin en question, Brock (Gene Barry, vu dans le susnommé "Quarante tueurs" la même année), un sergent de l'armée américaine devenu mercenaire qui les avait abandonnés quelques années auparavant faute de pouvoir assumer la paternité d'un enfant aux traits asiatiques.
À la fois pictural (les paysages et décors reconstitués en studio sont magnifiques jusque dans leur soupçon d'irréalité, une dimension presque onirique que rejoint d'ailleurs l'interprétation de la chanson du film par le soldat Nat King Cole, parfait en gueule cassée, dans les rues d'un village bombardé) et très cru (cette ouverture où le fils de Lucky Legs est menacé de cannibalisme par un autre survivant est d'une rare violence psychologique jusque dans sa voix off : "tous les animaux du village avaient été mangés... sauf un"... glaçant), "Porte de Chine" condense mieux qu'aucun autre de ses longs métrages à mon avis toutes les obsessions de cet ancien journaliste de guerre traumatisé par la libération du camp de Falkenau, épisode qu'il raconte d'ailleurs ici par l'intermédiaire de l'un des légionnaires du groupe : l'instabilité et la fragilité psychologiques des hommes par opposition à la résilience des femmes, le racisme et l'ostracisme, les traumas relationnels, le quotidien des soldats et leurs rapports parfois conflictuels loin des clichés de loyauté et de franche camaraderie véhiculés par Hollywood à l'époque, etc.
Certes le film, produit par le Fox de Zanuck et mis en musique par Max Steiner (l'un de ses meilleurs scores ceci dit) a quelques atours hollywoodiens, et caste comme souvent à l'époque des acteurs occidentaux dans des rôles d'asiatiques (cf. Angie donc mais aussi Lee Van Cleef, charismatique quoi qu'il en soit en major du Viêt Minh amoureux de la belle, en dépit d'une faible présence à l'écran), mais sa puissance tragique sans chichi et son atmosphère crépusculaire sont assez saisissantes, et l'évolution du personnage de Brock vers une certaine maturité, plutôt subtile.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Mes 600 films préférés : #550 - # 501 (#600favoritefilms)
Créée
il y a 3 jours
Critique lue 2 fois
7
3451 critiques
VU EN BLURAY La guerre indochinoise est sur le point de se terminer. Une jeune eurasienne accepte de guider un commando pour une périlleuse mission. L'eurasienne a accepté cette mission pour que...
le 6 déc. 2024
6
6804 critiques
Durant la guerre d'Indochine, en 1954, un bataillon de la légion étrangère française doit détruire un dépôt d'armes ennemi ; pour cela, ils ont comme guide une jeune eurasienne qui cache un secret...
le 21 mai 2025
7
441 critiques
Sam Fuller faisait parfois des films en faveur des enfants, comme China Gate : à leur gloire et pour leur amour. Dans ce film de genre, les scènes de guerre sont encore moins réussies que dans ses...
le 14 déc. 2025
9
72 critiques
Film emblématique du grand Peckinpah tourné après qu'on lui ait refusé d'adapter "Délivrance" au profit de John Boorman et dont l'ambivalence continue de déranger les spectateurs plus de 50 ans après...
il y a 2 jours
9
72 critiques
Une salvatrice bouée d'humanisme et d'empathie dans notre monde cynique, qui accroche me concernant un top ten du réalisateur, pourtant chouchou d'adolescence dont j'ai vu et souvent revu tous les...
le 23 juil. 2026
9
72 critiques
Long métrage le plus flippant et désespéré de Big John à la fois pour son setting d'église de quartier chaud de Los Angeles guetté par l'apocalypse et sa métaphysique du mal (le mystérieux cylindre...
il y a 7 jours
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème