Ceci est l'histoire édifiante et véritable de Christy Martin dont seuls les connaisseurs de boxe féminine connaissent vraisemblablement le nom. Un récit assez fidèle aux faits, semble-t-il, et qui emprunte au triptyque habituel des films consacrés au noble art : la gloire, la chute et la rédemption, grosso modo. Sauf que le récit, plutôt solide dans sa mise en perspective, quoique sans surprise majeure, a aussi quelque chose à dire sur un sujet de plus en plus présent dans les préoccupations actuelles, et pour cause, à savoir la violence domestique. Christy se situe en équilibre entre le biopic de sport traditionnel et ce thème plus intime, traité d'une manière pas toujours très subtile, malheureusement. La vie de cette fille de mineur de charbon, provinciale de Virginie-Occidentale, racontée par le cinéaste australien David Michôd, un peu égaré depuis le coup de tonnerre de ses débuts avec Animal Kingdom, se suit tout de même avec intérêt, sans qu'il soit besoin de chercher nécessairement une comparaison avec le fameux Million Dollar Baby, de qui vous savez. Applaudissons plutôt la performance puissante de Sydney Sweeney qui parvient à rester crédible dans les combats sur le ring, menés à un train d'enfer. Elle est au moins aussi convaincante dans un tout autre combat, plus vital encore, dans son existence de tous les jours.