Christy est un biopic qui cogne dur au cœur, allant de l'enthousiasme débordant lors des combats (superbement bien filmés, on a les poings qui s'agitent tous seuls à chaque patate qu'elle met sur le pif des adversaires) jusqu'au drame conjugal qui choque, retourne, nous laisse échapper un juron de surprise lors d'une scène particulièrement violente à la fin. Sidney Sweeney est excellente en boxeuse massive, arrogante, et qui cache surtout un profond manque de confiance en elle, à une époque où les femmes (d'autant plus lesbiennes) sont mal vues dans le sport (et au quotidien). On la suit donc dans ses péripéties dramatiques, cumulant une mère absolument odieuse et fermée d'esprit, une petite amie qui la quitte pour un homme (ça blesse forcément), et surtout un coach/mari manipulateur et violent. En comparaison, les coups qu'elle encaisse sur le ring sont des blagues, les pires blessures sont celles que la vie lui a faites. Dans leur rôle, tous les acteurs sont parfaits, on veut fracasser la mère et le coach (les acteurs sont formidables pour qu'on déteste leur personnage : donc c'est réussi), on veut faire un gros câlin à l'autre boxeuse qui lui tend la main en permanence (adorable Katy O'Brian, qui a d'ailleurs réellement été coach sportif en techniques de combats, et a souffert du regard d'autrui sur son homosexualité : elle était faite pour ce personnage), et on rêve que Christy s'en sorte avec les honneurs qu'elle mérite. Il y a quelques scènes royalement bien tournées, qui restent en tête longtemps après que le ding-ding de fin de film retentisse :
lorsque Christy confronte son mari et se fait passer à tabac devant trois collègues boxeur (qui d'autre a hurlé intérieurement : "...Et pas UN qui bouge !?"), lorsque ces mêmes pleutres viennent faire leur mea culpa à la fin sur une scène d'une incroyable tendresse dans ce monde de brutes, lorsque Christy est blessée par son mari et qu'elle se retourne, découvrant un pan entier de son mollet qui pendouille (un "gasp !!!" général a bruissé dans la salle de cinéma, et on y a contribué), lorsque qu'elle actionne la clé de la bagnole et que ce n'est pas la bonne qui bipe...
Beaucoup de trouvailles dans ce film, qui nous met dans sa poche (de short de sport bouffant trempé de sueur), et dont on ne ressort pas indemne, un peu sonné, mais autant par les grosses patates que la miss envoie lors des scènes de combats, que par les aléas atroces de la vie qu'elle a subit en-dehors des cordes du ring. Allez-y "avec votre déambulateur" (un gag final qui nous a beaucoup fait rire), Christy va vous mettre KO.