Andrew est un jeune mal dans sa peau. Maltraité par son père alcoolique et par les racailles de l’école, sa solitude lui pèse tant qu’il décide de filmer sa vie. Mais un soir, alors qu’il cherche à fuir une fête encore ratée, il acquiert d’étonnants pouvoirs…


Josh Trank a eu l’idée de faire ce film alors qu’il était étudiant et il a écrit le script à cette époque. Dès que sa carrière le lui a permis, il s’est lancé dans sa réalisation, car c’est sa première œuvre.


Techniquement, ce film est intéressant. Le travail de la caméra à l’épaule est plutôt réussi et très bien intégré dans la réalisation. En revanche, il ne faut pas voir cette œuvre comme un film de superhéros. En effet, rien n’est expliqué, les pouvoirs ne sont pas particulièrement explorés et les questionnements classiques (la légitimité du sauveur) ne sont carrément pas abordés. En fait, Chronicle n’est pas vraiment un film de superhéros, c’est plutôt le cri déchirant d’un enfant traumatisé. L’acteur Dane DeHaan, avec son physique si particulier, incarne d’ailleurs à la perfection cet être blessé qui endosse le rôle de souffre-douleur de tous. Ce cri est d’autant plus poignant que rien n’est expliqué. À la manière des rushs compilés qui forment cette œuvre, le spectateur est mis face à des faits et des situations. Il assiste au déballage de l’intimité d’une vie, un peu comme chez un psychologue.


Car c’est bien le spectateur qui fait office de thérapeute. Le jeu de la vie filmée sert à prendre le public à témoin des déboires, des misères et finalement de la souffrance d’Andrew. Dès lors, les personnages et les super-pouvoirs prennent un tout autre sens. L’enfant blessé est séparé en trois facettes. Steve incarne la joie et l’insouciance de l’enfance, et c’est lui qui disparaît le premier. Matt représente la raison ainsi que les structures mentales et c’est lui qui rappelle les règles morales (qui les impose, même). Enfin, Andrew est l’enfant blessé rempli de colère et qui rêve de vengeance. On l’aura compris, le personnage d’Andrew représente la psychose lorsque le sujet, brisé par la souffrance, se croit tout-puissant et méprise son entourage pour parvenir à ses fins.


L’histoire narre donc l’évolution de la psyché de cet enfant traumatisé et l’émergence de sa psychose. Cette folie est heureusement muselée par la raison, c’est-à-dire les structures mentales qui empêchent le sujet de perdre de vue la réalité ainsi que sa connexion aux autres. On comprend beaucoup mieux le désintérêt manifeste pour l’origine de ces pouvoirs qui ne sont finalement qu’un moyen de mise en scène. De même, la colère du père maltraitant ainsi que la mère mourante ne sont pas plus détaillées ; il s’agit d’un constat comme on le ferait chez un psy.


Ce scénario est très personnel et on comprend pourquoi il a été écrit si jeune par Josh Trank. Un tour sur sa page wiki dévoilera toute la tristesse de ce que cet enfant traumatisé a voulu exprimer au travers de ce film qui, je n’en doute pas, lui a servi de thérapie. Prions pour que cela l’ait aidé.

OeilDePatrick
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Mauvaise étiquette

Créée

le 22 août 2025

Critique lue 32 fois

OeilDePatrick

Écrit par

Critique lue 32 fois

D'autres avis sur Chronicle

Chronicle

Chronicle

4

Hyunkel

261 critiques

Trois garçons dans le vent

Nuit blanche à Seattle, où trois garçons ordinaires font une découverte qui va bouleverser leur quotidien. Josh Trank, pour son premier film, choisit de mixer le film de super héros avec le concept...

le 25 févr. 2012

Chronicle

Chronicle

7

Buddy_Noone

612 critiques

Super-complexe d'infériorité

A mon sens, le found footage n'a toujours été qu'un genre opportuniste, dont l'approche subjective ne sert essentiellement qu'à masquer le manque d'ambition des scénarios qu'il met en scène. De même...

le 9 nov. 2014

Chronicle

Chronicle

4

Matrick82

124 critiques

Cro niqué... (ho ho ho ho)

J'ai pas envie de commencer une critique par un "ce film est une merde" bien peu objectif. Mais il faut le reconnaitre... Ce film est une merde. Pourquoi a t-on droit à de pales caricatures...

le 7 oct. 2013

Du même critique

Irati

Irati

8

OeilDePatrick

550 critiques

Arte handia oraindik

À la fin du VIIIème siècle, les tribus basques des Pyrénées luttent contre l’invasion franque. Bien que nouvellement christianisé, le seigneur Ximenez en appelle à l’ancien culte de Mari pour vaincre...

le 4 sept. 2025

Highlander

Highlander

7

OeilDePatrick

550 critiques

Un succès… immortel.

Depuis des temps immémoriaux, les Immortels marchent parmi les humains. Ils luttent pour le pouvoir et savent qu’un jour il ne pourra en rester qu’un. Connor MacLeod est un modeste guerrier écossais...

le 20 févr. 2025

Hammer and Bolter

Hammer and Bolter

6

OeilDePatrick

550 critiques

The emperor protects !

Ah, Warhammer 40 000 ! ! ! Chaque épisode est un one shot sur une faction du monde, et il y en a ! Si les dessins sont passables et l’animation est franchement moche, les scénarios sont savoureux. On...

le 4 févr. 2023