Comment ai-je pu passer à côté de ce monument si longtemps ? Découvrir Cinema Paradiso aujourd'hui, c'est comme retrouver un souvenir d'enfance qu'on ne savait pas avoir perdu. C'est une claque absolue, une ode bouleversante au temps qui passe, à la jeunesse perdue, et à cette Italie solaire et bruyante qui nous manque déjà dès le générique de fin.
Cette version intégrale prend tout son sens : elle laisse le temps au temps. Dans un monde qui va toujours trop vite, ce film a l'audace de se poser pour nous raconter l'essentiel : l'amitié indéfectible entre le vieux projectionniste et le petit Totò, les premiers émois, et la douleur de l'exil. Le scénario, c'est la vie elle-même, sans artifice, avec ses regrets et ses joies immenses. On y voit un jeune homme grandir, découvrir le monde, se brûler les ailes et devenir adulte.
Impossible de ne pas évoquer la partition légendaire d'Ennio Morricone, qui ne se contente pas d'accompagner les images mais qui est un acteur du film. Chaque note tire une larme ou un sourire. C'est un cinéma organique, qui a une saveur toute particulière, celle de la pellicule et des salles de quartier vivantes. On passe du rire aux larmes avec une facilité déconcertante, jusqu'à cette scène finale. Une des meilleures du cinéma.
C'est magistral, porté par des acteurs immenses et une sincérité désarmante. Un 10/10 indiscutable pour ce film qui nous rappelle pourquoi on aime le cinéma... et pourquoi on aime la vie.