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Women power
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le 23 avr. 2023
Vous connaissez peut-être le nom de Jonathan Demme, réalisateur des films Le Silence des Agneaux, Philadelphia et autres Un Crime dans la tête. Mais saviez-vous que, comme plusieurs cinéastes très connus d’Hollywood tels que Martin Scorsese, Ron Howard, Joe Dante ou Francis Ford Coppola, il avait commencé chez le pape du cinéma d’exploitation Roger Corman dans les années 70 ? Comme quoi, ça mène à tout. En effet, Demme a, entre autres, signé son premier film chez Corman, 5 Femmes à Abattre, Caged Heat en VO, un petit film de Women in Prison au budget estimé à 180000$ que New World Pictures, la boite de prod de Corman, a proposé qu’il soit projeté en double programme avec L’Exorciste dans les drive-in de l’époque. Oui, filou jusqu’au bout tonton Roger. Mais 5 Femmes à Abattre n’est pas juste un petit film de femmes en prison, sous-genre en vogue à l’époque, il est considéré par certains comme LE meilleur film de femmes en prison. Et ça, ça intrigue.
5 Femmes à Abattre est donc un Women in Prison, souvent abrégé W.I.P, comme il y en a eu plusieurs à cette époque. Mais ici, c’est une prison un peu particulière où toutes ces dames peuvent s’habiller comme elles le souhaitent, du petit chemisier à la jupe en passant par le bandeau dans les cheveux et les chaussures chics. Bon, à l’exception des cellules où elles récupèrent des tenues bien plus carcérales et dans les douches où, forcément, on les découvre entièrement nues. Car tout est bon ici pour montrer des boobs, nous sommes je le rappelle dans un pur film d’exploitation made in Corman. Jonathan Demme raconte son film au public sans aucune prétention, comprenant exactement le genre de film qu’il est en train de faire mais, contrairement à ce qu’on pourrait penser et qu’on pourrait voir dans d’autres productions, 5 Femmes à Abattre fait au final l’éloge du « girl power ». C’est un film très rythmé dans lequel il se passe toujours quelque chose 1h21 durant. Des péripéties certes à échelle carcérale, avec vol de cigarettes, disputes entre détenues, scènes de douches, bagarres, rêves érotiques, rébellion, petits travaux divers et variés et, bien entendu, en guise de final, une scène d’évasion musclée. En fond, on retrouve un texte sous-jacent sur les hommes qui exploitent les femmes et profitent d’elles, en particulier les scènes mettant en scène cet infâme médecin qui a un goût un peu trop prononcé pour les électrochocs et qui en profite pour prendre des photos nues de ses patientes à leur insu.
Le mix humour / violence fonctionne bien, avec d’un côté des saynètes légères, comme par exemple ce petit spectacle de théâtre qu’offrent deux détenues à leurs camarades ou des dialogues très funs, et de l’autre des bastons parfois violentes ou les « expériences » du docteur un peu fou cité précédemment qui sont clairement de la torture. Mais à aucun moment, le film ne tombe dans le sordide comme certains films du genre, comme on a pu voir chez Jess Franco ou Bruno Mattei (entre autres). Les performances des actrices sont étonnement bonnes pour un film qui n’a l’air d’avoir pas eu un énorme temps de tournage. Juanita Brown (Foxy Brown), Ella Reid (dont c’est le seul film), Erica Gavin (Vixen !) et Roberta Collins (Course à la Mort de l’An 2000) s’impliquent énormément dans leur rôle et ce même lorsque le réalisateur les dénude un peu gratuitement. Pour un premier film, Jonathan Demme s’en sort bien, surtout vu le budget alloué, et il parvient à mettre en boite de manière très satisfaisante à la fois un film de Women in Prison mine de rien plutôt tendu et dur, et une presque parodie du genre grâce à un côté très ludique. En guise de final, une évasion assez jouissive avec des évadés utilisant comme otages ceux qui sont à l‘origine des divers traumatismes infligés aux prisonniers, avec une fusillade qui éclate en plein désert. La photographie est un des points positifs du film, Tak Fujimoto (Le Silence des Agneaux, Sixième Sens) arrivant à réellement faire ressortir l’exiguïté de la prison et de ses cellules. Jonathan Demme s’amuse et sa mise en scène est remplie d’angles de caméra bien trouvés et même parfois assez impressionnants pour l’époque. Non, décidément, 5 Femmes à Abattre n’a pas à rougir de quoi que ce soit.
5 Femmes à Abattre est un chouette petit film, hautement divertissant. Il ne donne peut-être pas au spectateur beaucoup de réflexion, mais il est suffisamment bien fait pour que les amateurs d’exploitation prennent un réel plaisir.
Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-5-femmes-a-abattre-de-jonathan-demme-1974/
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