(...) Difficile de se rendre compte en découvrant le film en 2015, des innovations proposées pas la mise en scène d’Orson Welles. Apparemment, en 1941, voir des gens s’activer au fond du décor était exceptionnel. Bon.
Toutefois ce qui est indéniable dans la réalisation, c’est la composition des plans. Des tableaux vivants, ou l’espace, la symétrie parfaite, ou les échelles, sont maîtrisés. Certaines scènes forcent ainsi le respect, par leur ampleur: une démesure qui reflète autant la personnalité de Kane, que l’ambition de son réalisateur/interprète Orson Welles. Cette question de fusion de la mise en scène avec le sujet se reflète aussi dans le traitement de l’intime; le placement des personnages par rapport aux éclairages et caméras dans un décor plus ou moins étriqué, crée systématiquement un contraste ou un angle évocateur qui en dit autant que les mots sur la psychologie de Kane. C’est très intéressant, ême si l’on ne peut s’empêcher de penser qu’Orson Welles a peut-être eu la main un poil lourde sur ces effets de lumière et d’optique… Dénotant une légère volonté de trop en faire par moment.
Dans le fond, Welles touche à tout un tas de sujets, sans jamais se perdre lui, ou le spectateur. Politique, intime, vision du monde d’avant guerre, de l’âme humaine… Et un million d’autres choses. C’est impressionnant – mais il nécessiterait un dossier entier pour analyser la richesse du film (...)
CITIZEN KANE a été chroniqué dans le cadre d'une rétrospective consacrée à Orson Welles par L'Institt lumière de Lyon.
L'intégralité de cet avis, sur Le Blog du Cinéma