Clara et le sale type.Antoine,comédien trentenaire,et Clara,hôtesse dans le TGV,tombent amoureux l'un de l'autre.Tout roule,jusqu'à ce que la fille soit diagnostiquée séropositive.Ce premier film écrit et réalisé par Arnaud Viard,sent fort l'air du temps,et l'odeur n'est pas bonne.Il arbore tous les codes de la culture bobo:on vit à Paris,on grenouille dans les milieux artistiques,on chante et on danse sur les quais de Seine,on a des amis homos,on va de soirées en réceptions,on a des parents provinciaux,donc rétrogrades,qui ne vous comprennent pas et désapprouvent vos choix,il y a du Benjamin Biolay plein la bande-son et,cerise sur le gâteau,on chope le SIDA.Viard déroule un film morne dans lequel il ne se passe pas grand-chose et où il ne se dit encore moins.D'autant qu'il commet l'erreur de centrer l'histoire sur le personnage objectivement lamentable d'Antoine,qui n'est rien d'autre qu'un connard égocentrique.Mais n'est-ce pas là le propre du comédien?Et ce n'est pas l'interprétation défaillante de Julien Boisselier,pâle,lunaire et transparent,qui arrange la situation.Clara en revanche,fille solaire qui sait rester digne face à l'épreuve,est beaucoup plus intéressante.Elle a les traits de Julie Gayet,alias Scooter Girl,l'acrobate de la rue du Cirque,la copine du président,qui est une foutue bonne actrice et dont la performance à fleur de peau donne un saisissant relief à cette femme blessée mais résistante.Deux scènes viennent tardivement relever un peu le niveau et atteignent à une certaine émotion.Celle de la confrontation entre Antoine et son père,incarné par l'immense Michel Aumont,et celle des retrouvailles avec Clara,où il tente de recoller les morceaux de leur amour brisé.Cette production a toutefois le mérite de filer du taf à de bons comédiens qui passent brièvement devant la caméra et ont pour noms Pascale Arbillot,Antoine Duléry,Sophie Mounicot,Sacha Bourdo,Christian Charmetant,Riton Liebman et Frédéric Pierrot.