Teen movie ou comédie de mœurs, « Class » se situe à mi-chemin entre les deux, et c’est précisément cette indécision qui en constitue la principale limite.
D’un côté, on ne s’amuse jamais vraiment à suivre cette bande d’adolescents masculins attardés dont le passe-temps favori semble être l’humiliation des autres comme d’eux-mêmes. Le film s’inscrit dans la tradition des teen movies américains du début des années 80, mais sans en retrouver ni l’énergie subversive ni l’irrévérence réellement jubilatoire. Les personnages restent trop souvent cantonnés à des archétypes rances, et leur cruauté gratuite les rend rapidement antipathiques.
De l’autre, « Class » effleure à peine un sujet pourtant délicat et potentiellement riche : la relation ambiguë entre l’un de ces jeunes hommes et une femme plus mûre. Là où le film aurait pu explorer une véritable comédie de mœurs questionnant le désir, la transgression ou le passage à l’âge adulte, il se contente d’un traitement superficiel et hyper masculin (ce que ressent ou vit cette femme est horriblement et totalement négligé), oscillant entre fantasme mascu et prudence morale.
Andrew McCarthy peine à donner de la consistance à son personnage de jeune pataud immature. À l’inverse, Rob Lowe apporte une énergie plus charismatique, mais son talent est souvent dilué dans des excès de cabotinage. Seule Jacqueline Bisset parvient à donner une véritable épaisseur émotionnelle à son (trop court) rôle : sa présence élégante et mélancolique suggère, à elle seule, le film plus adulte et plus audacieux que « Class » aurait pu être.