C’est à l'âge de 18 ans que Guy Burt, jeune auteur anglais, écrit son premier roman «After The Hole» récompensé par le Betty Trask Award et qui connaitra un grand succès outre manche.
Rapidement, le réalisateur britannique Nick Hamm se manifeste pour une adaptation sur grand écran. Il lui faudra tout de même presque 7 ans pour parvenir à mettre en image cette astucieuse histoire de manipulation sur fond d’ambiance clautrophobique.
Si ce film peut d'amblé faire penser à un énième produit terrifiant pour ados en mal de sensations fortes, «The Hole» est heureusement beaucoup plus que cela. Un excellent thriller qui vous embarque dans une intrigue aux multiples rebondissements habilement amenés.
Le cinéaste s’écarte en effet rapidement du caractère horrifique du script (l’enfermement ne reste finalement qu’un simple cadre à cette histoire) pour proposer au spectateur, un polar astucieux à la narration solide et originale.
Que s’est t’il passé dans ce bunker ? A partir de témoignages sous forme de flash-back, nous sommes confrontés à deux versions des faits. Celle de la victime et celle du suspect présumé. Reste à savoir qui dit la vérité et il faut bien avouer qu’il nous est difficile de distinguer le vrai du faux pratiquement jusqu’à la fin.
L’histoire va constamment crescendo, sans jamais fléchir, ouvrant de nombreux tiroirs de manière extrêmement subtile.
L’actrice Thora Birch, au physique de jeune femme fragile, joue parfaitement autour de l’ambiguité de son personnage tiraillé par un besoin de reconnaissance et un amour quasi obsessionnel. Avec elle, on retrouve Keira Knightley pour l’un de ses premiers «grands» rôles.
De ce film prenant de bout en bout, on regrettera uniquement les quelques effets styles de mise en scène gratuits qui n’apportent pas grand chose.
Une réussite qui démontre que l’Europe n’a définitivement rien à envier au cinéma de genre américain.