Cloud est l'histoire d'un simple employé d’usine qui cherche à se faire plus d’argent dans la société capitaliste japonaise du XXIè siècle.
Akira, le protagoniste, se lance dans le ‘’resell’’, une pratique qui consiste à acheter des produits aux prix les plus bas et les revendre plus cher dans le but de se faire du profit.
Et là c’est le drame, il accumule des commentaires de plus en plus négatifs sur son profil de vente en ligne, puis des commentaires si accusatoires qu'une véritable traque numérique va se lancer pour découvrir son identité et se venger des arnaques qui ont fait le fond de commerce du protagoniste.
- Cloud traite des conséquences directes et indirectes du capitalisme numérique. Le reste des thématiques abordés sont au service de cette idée, rien de plus, et ce choix conscient du cinéaste enlève de la puissance d'impact au message final : relations superficiellement travaillées , parfois improbables, volontairement exagérées et qui peuvent même aller jusqu’à une sorte de folie obsessionnelle qui est juste que trop peu expliqué ; c'est justement l'idée de déshumaniser les victimes du resell et les poser comme bourreau vengeur qui fait perdre en crédibilité le message de l'oeuvre ;
- Le parti de changer de ton lors de la seconde partie du film et d’effectuer un véritable changement de genre (On passe de l'horreur quasi-analog style ''Pulse'' au film ‘’Reservoir Dogs’’ huits clos chasse à l’Homme / règlement de compte) est peu judicieux mais de plus en plus prévisible chez Kurosawa . Les méthodes employés pour transitionner le genre se cachent derrière un plot twist qui est imprévisible de part son illogicité en fait (exemple du patron d'Akira : on le voit que deux fois au final, sous sa face paternelle au début du film puis en mode ‘’traqueur’’ lors de la seconde partie, impact que très faible de cette transition car on ne connaît rien du personnage) . On vit plus Cloud dans la confusion nébuleuse que dans l'horreur et la tension
- Ainsi, dans la dernière partie du film, on part en délire total, employés de bureaux, patrons et même petite-amie deviennent des machine à tuer assoiffées de vengeance très peu expliqué et l'idée du ‘’Chaque action a une conséquence’’ qui est le maître mot de Cloud tombe juste des nues : la volonté de sortir la narration du cadre du réel la rentrer dans une thématique de procès / accusation philosophique est ce qui cause le plus de tort au film
- On appréciera tout de même un peu la première partie pour les mêmes procédés horrifique que ceux utilisées dans Pulse (silence total, figures fantomatiques, l'absence de screamer...) . Au final, le cinéma de Kurosawa même si il évolue déjà drastiquement depuis une dizaine d'années, il n'arrive toujours pas à se définir, ses fantômes (comme Pulse ou Cure) le hantent et Kiyoshi Kurosawa a besoin certainement de s'en débarrasser pour se retrouver et proposer un cinéma plaisant