On parle trop peu de Michael Winterbottom, et pourtant il est l’un des cinéastes britanniques les plus brillants de sa génération. Peut-être que son œuvre déroute, car aucun de ses films ne ressemble vraiment au précédent. Il a exploré des registres très variés : films sociaux, fresques en costumes, thrillers, cinéma expérimental, et même science-fiction. Cette diversité, loin d’être un défaut, témoigne d’une audace rare.
Code 46 en est un exemple parfait. Thriller d’anticipation, le film se situe dans un futur proche où les frontières entre intimité et contrôle deviennent floues. Le protagoniste, un détective capable de lire dans les pensées, est chargé d’enquêter sur un trafic de faux papiers à Shanghai. Au fil de son investigation, il tombe amoureux de sa principale suspecte… mais leur code génétique interdit toute possibilité d’amour entre eux.
Tim Robbins incarne le détective avec une émotion bouleversante, tandis que Samantha Morton, sublime et talentueuse, donne corps à la suspecte avec une intensité saisissante. Code 46 est, avant tout, une histoire d’amour impossible — un thème que je chéris tout particulièrement. Visuellement, le film est d’une beauté troublante, et la maîtrise de la mise en scène est évidente à chaque plan.
Hélas, le film est passé presque inaperçu à sa sortie, et c’est vraiment regrettable. Code 46 mérite d’être découvert et célébré : c’est un véritable bijou, discret mais inoubliable.