La collecte des coeurs perdus
Faire un film noir à notre époque, oui pourquoi pas, DePalma s'efforce de le faire et c'est rarement ennuyant. Todd Robinson se vautre un petit peu.
Le scénario est assez mal ficelé : l'histoire ne démarre vraiment que très tard (les conflits ne deviennent vraiment intéressant qu'après 50 minutes d'attente pénible) et finit aussi trop tôt (bonjour la fin à rallonge de 15 minutes). Une des raisons à ce mauvais sens du rythme, c'est l'utilisation d'un double point de vue. En soi ce n'est pas mal, Hitchcock l'a prouvé, ça permet même d'annuler l'impression de Deus Ex Machina. Sauf qu'ici les scénaristes s'en servent pour accentuer les facilités scénaristiques, ce qui n'est pas très brillant. En plus, les thématiques abordées sont trop différentes pour chacun de ces points de vue ; à la fin on sent bien la relation, mais c'est un peu forcé, un peu hors sujet.C'est dommage aprce qu'avec chacune de ces thématiques il y aurait eu moyen de faire deux bons films : soit un bon polar, soit une sorte de Bonnie and Clyde.
La mise en scène n'est pas dégueux et c'est ce qui sauve principalement le film. Bon certaines séquences sont illisibles par manque de lumière, mais globalement l'ambiance est assez sympathique. Les acteurs sont bons aussi. Travolta est convainquant malgré sa prise de poids ; Jared Leto est convainquant (il a toujours dit qu'avec un costume, un postiche, il jouait mieux) ; les seins de Salma Hayek parle d'eux-mêmes. Enfin une bande son sympa qui colle bien avec l'image.
Bref, un film qui souffre d'un scénario trop disparate.