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Cold Storage appartient à cette catégorie de films sympathique : celui qui ne révolutionne absolument rien mais qui sait au moins pourquoi il existe. C'est le genre de série B qui débarque avec ses champignons tueurs, Liam Neeson en vieux briscard, Joe Keery qui court partout et une promesse simple de faire exploser des gens avec de la moisissure spatiale. Ça tient sa parole.
Le problème, c'est qu'il ne fait jamais beaucoup plus que ça. Adapté du roman de David Koepp, le film assume son côté hommage aux créatures gluantes des années 80-90 et ne cherche jamais à se faire passer pour le nouveau Alien. C'est un peu comme un paquet de nuggets surgelés. Ce n'est pas de la gastronomie, ça risque de regretter à trois heures du mat', pais sur le moment ça se mange sans grimacer.
Le scénario est justement à cette image, décongelé. On sent qu'il a été préparé il y a des années, emballé sous vide, puis réchauffé au micro-ondes cinq minutes avant le tournage. Des scientifiques qui font n'importe quoi, un organisme extraterrestre qui dégèle, une poignée de civils qui doivent sauver le monde... si vous avez vu dix films du genre, vous connaissez déjà les neuf prochaines scènes. Heureusement, le film ne prétend jamais être plus intelligent qu'il ne l'est. Il déroule tranquillement sa checklist comme un employé auchan qui replace les pizzas quatre fromages.
Les personnages suivent exactement la même logique. Joe Keery est toujours aussi sympathique, Georgina Campbell fait largement le boulot, Liam Neeson arrive avec sa tête de type qui a déjà empêché quinze apocalypses avant le petit-déj. Ça fonctionne. Personne ne livre une performance qui restera dans l'histoire du cinéma mais personne ne donne non plus envie d'éteindre la télé. Ils sont comme des frites surgelés : pas très savoureuses, pas immangeables, juste... pratiques.
Là où le film s'en sort le mieux, c'est dans son rythme. Ça avance vite, ça ne s'éternise pas sur des sous-intrigues qui n'intéressent personne et ça balance régulièrement une créature gluante ou une explosion de spores pour éviter qu'on regarde l'heure. Les effets spéciaux sont parfois franchement cool, les maquillages sont suffisamment crados pour faire plaisir aux amateurs de body horror et certaines idées visuelles rappellent avec affection les vieux films de monstres en caoutchouc et ça ça fait plaisir. On sent une vraie envie de s'amuser avec le concept, même si ça reste très balisé.
En revanche, dès que le film essaie de devenir un peu plus sérieux... il décongèle beaucoup trop vite. Les moments émotionnels tombent souvent à plat, les dialogues sentent parfois le sachet de légumes vapeur et certaines révélations arrivent avec l'énergie d'un croustibat. Une moisissure extraterrestre capable de décimer l'humanité, c'est quand même une sacrée promesse. Dans les faits, elle alterne entre créatures inquiétantes qu'elle contrôle et de l'autre une énorme gelée à la menthe qui cherche désespérément quelqu'un pour lui ouvrir la bouche. Par moments ça fonctionne vraiment, par moments on dirait que Picard sponsorise discrètement le long-métrage.
La mise en scène est correcte sans jamais vraiment décoller. Il y a quelques plans efficaces, une poignée de séquences tendues, la petite séquence cafard infecté avec One Way or Another de Blondie qui m'a fait golri voilà quoi, le reste on regarde sans trop se plaindre même si on sent régulièrement qu'il y avait matière à faire un vrai délire. Entre l'invasion fongique, le huis clos, les mutations, le potentiel gore et le casting, il y avait de quoi cuisiner un énorme gratin de série B complètement assumé. Au lieu de ça, le film préfère rester à température contrôlée. Jamais trop fou. Jamais trop horrifique. Jamais trop drôle. Toujours entre deux compartiments du congélateur.
Au final, c'est ce qu'on appelle un film du dimanche soir de l'époque. On passe un moment agréable seul ou en famille, on sourit devant deux ou trois séquences bien trouvées, puis on l'oublie presque aussi vite qu'on a fini de le regarder. Pas mauvais du coup, juste un produit correctement conservé, correctement réchauffé... et aussitôt consommé pour une petite soirée série B avec une bière et des neurones volontairement mis au frais.
Créée
le 1 août 2026
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